I’m going through an awkward phase [I am secretly in love with]

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J’aime quand, peu importe où je te croise, tes yeux se remplissent de désir malgré l’alliance que tu portes au doigt.

J’aime quand tu fouilles sur mes différents comptes de réseaux sociaux en remontant le plus loin possible dans l’historique pour liker mes photos de profil à 2h 45 du matin, pendant qu’une autre fille dors dans ton lit.

J’aime le fait que tu ne pouvais t’empêcher de monter mon escalier quand ta blonde allait au théâtre ou à un souper de filles.

J’aime quand tu sais pas ce que tu veux, quand t’es mélangé, quand t’es aux deux.  J’aime quand tu ne sais plus qui tu es.  Quand tu constates, l’espace d’un moment, que tu ne l’as jamais su.

J’aime quand t’es trop jeune et quand t’es trop vieux.  Quand ta vie ne me convient pas.  Quand ta job prend toute la place.  Quand tes passions m’énarvent.  Quand tu rêves plus fort que tu vis.  J’aime quand tu penses encore à ton ex, quand tu n’as rien à m’offrir, quand t’es pauvre, quand t’es complètement perdu et même quand tu peines à marcher sur la ligne droite.

J’aime quand tu ne me vois pas.  Quand t’as aucune idée de qui je suis, de quoi je suis capable.  Quand tu n’entends pas, parce que la musique est trop forte.  Quand on ne parle pas, parce qu’on n’a rien à se dire, anyway.  J’aime quand je pèse 20 lbs de trop pour toi.  J’aime quand tu ne comprends pas que je ne veux rien de plus que ça.  J’aime quand tu te rends pas compte que je sais que tu mens.

J’aime quand tu fermes la lumière pour penser à une autre, j’aime quand tu te trompes de prénom ou quand tu regardes, du coin de l’oeil, si je te vois embrasser une autre fille que moi.  J’aime quand tu viens tester, une fois aux 8-10 mois, si tu peux encore coucher avec moi.  J’aime quand tu disparais une fois de plus.

Parce qu’au fond, ce que j’aime encore le plus, c’est savoir jour après jour que peu importe ton nom, amour, tu n’as pas le pouvoir de bouleverser ma vie.

I run to not fall and I can’t breathe [around you]

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J’avais oublié ma place et l’ordre naturel des choses.  J’avais oublié ma peau trop mince et fragile.  Parce que c’était bon et parce que j’ai cru pouvoir jouer le rôle que tu m’as donné, jusqu’au bout, jusqu’au moment où rien ne va plus. M’étourdir jusqu’à cet instant où la musique s’arrête et les chaises sont prises.

Le sentiment d’être nulle part vraiment à ma place.  Décalée, décentrée.  Retourner discrètement dans l’ombre plus confortable que les mille et un soleils de tes nuits.  Se conforter de noir, de gris et d’absence.  Embrasser le recul et la distance qui me permet enfin de regarder l’ensemble, d’isoler les détails et le diable.  D’observer avec détachement les papillons de nuits se fondre dans ta petite flamme.

Comprendre qu’il y a ceux qui comme moi sont faits pour voir la vie, comme d’autres sont faits pour la vivre.

If you knew [that I could take the pain]

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Parfois, c’est quand c’est fini qu’on ne sait plus par quel bout commencer.  Comment faire de l’ordre dans tout ça.  Comment retrouver le calme.  Comment arrêter d’oublier que tu n’es plus là.  Que tu ne reviendras pas.  Que les choses ne s’arrangeront pas.  Comment laisser enfin passer la peine par dessus la colère, parce que franchement, à quoi ça sert d’être encore en criss après toi, si t’es morte.

J’pense que le pire, c’est quand je t’entends presque me dire que c’est mieux comme ça.  Qu’au fond, t’as rendu les choses faciles.  Que le couteau bien planté au dos a ravalé mes larmes et m’a tenu debout, bien droite, au salon, à l’église et qu’il me tient encore un peu tous les jours.  Comme s’il avait tranché d’un coup sec le fil qui mène droit au cœur, laissant mes souvenirs en pièces détachées, coupés d’émotions.  Je n’ai pas pleuré.  C’est fou, mais je pense que tu serais fière.  Je t’ai répété si souvent que la colère était une émotion que je ne connaissais pas, alors que c’était une force qui t’habitait tellement que c’était un des premiers mots qui venait à l’esprit pour te décrire.  On pourrait presque dire que c’est là mon héritage.  Une colère qui dévore ma peine.  Une colère qui m’empêche de m’effondrer de la même façon qu’elle t’a gardé si forte dans ce corps si faible et usé.

Ce matin là non plus, je ne savais pas par quel bout commencer.  Et puis, parce qu’il fallait bien finir par le faire, j’ai pris une boîte de carton et j’ai ouvert tes tiroirs pour faire le tri.  J’ai empilé dans la boîte tes derniers effets personnels.  Des papiers, les agendas des cinq à dix dernières années, les photos de tes petits neveux, une boucle d’oreille orpheline, une brosse, un miroir, une tasse à café, des ustensiles, une vieille carte postale d’un ancien amant (devant tes soupirs, j’avais tellement pas osé te dire qu’il était mauvais poète, mais c’est pas grave, on en a toutes connu un comme ça), un petit chat en bois (oui, je sais pourquoi tu l’avais laissé là) et une photo de ton chum avec au dos, ton écriture en pattes de mouches : le plus beau des plus beaux.  J’ai eu un frisson.

J’ai gardé le vieux fond de Sambuca.

And You Don’t Give a F [urther Thought]

Reblogué depuis Le gris n'est pas une couleur:

J’ai perdu le chemin qui me mène à toi.  Sans vraiment savoir, ou peut-être, inconsciemment, avant les faits, j’en parlais déjà ici.  Je ne sais pas comment c’est arrivé.  Un espace que je croyais solide, un terrain conquis, s’est ouvert sous mes pieds.  Le coeur à l’épicentre.  La terre qui devient mer.  Moi, sans repères et sans ancre, qui tard le soir, allais nager avec des roches dans l’estomac et le désir de couler au fond, pas pour vrai, mais juste pour un temps, pour cesser d’y penser. 

Lire la suite… 302 mots de plus

Parce que j'aurais pu le réécrire encore une fois

Du poids de la terracotta [et des mots crève-coeur]

C’était vers la fin d’octobre.  Les fleurs fanées du pavillon avaient été arrachées et les plantes vivaces, rabattues au sol.  Mes outils de jardin nettoyés et rangés jusqu’au printemps.  De peine et de misère, j’ai glissé l’immense pot de terracotta qui contient l’hibiscus qui orne la cour intérieure sur la palette du diable et je l’ai attaché avec une sangle.  Je me suis dirigée vers la porte principale et l’adolescent qui travaille à la réception les jours de fin de semaine s’est empressé pour m’aider.

Je vais la laisser dans le petit salon qui est fermé derrière la chapelle pour l’hiver.  Ma mère va venir l’arroser de temps en temps, tu peux me prêter la clé?

Oui c’est sûr

Pendant que j’attends, l’infirmière en chef discute avec la fille d’une patiente près de l’ascenseur.

On a monté les thermostats le plus qu’on pouvait dans la chambre de votre mère, mais la pauvre elle se plaint tout le temps qu’elle a froid.  Nous on peut pas vraiment faire plus que ça.  C’est presque l’hiver et on a regardé, votre mère n’a que des petites blouses de coton et des vêtements d’été dans ses tiroirs.  Ça serait bien de lui acheter quelques vestes ou chandails de laine et un pyjama plus chaud, elle serait beaucoup plus confortable…

Ma mère elle a 92 ans.  Le médecin arrête pas de nous dire qu’elle passera pas l’hiver alors je vais pas dépenser tout l’argent pour lui refaire une garde-robe certain!

Her walk was soft and delicate with a thaumaturgical touch

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Je marche sur le quai de la station Berri, ligne orange, jeudi soir 17h45.  Dans la foule de cette fin de journée, une femme marche à quelques pas devant moi.  Fin cinquantaine, mom jeans, chandail de laine un peu court mais bien coiffée, sacs de magasinage dans une main, le manteau replié sur l’autre avant-bras.  Un truc qui cloche dans son accoutrement.  Je suis un peu hypnotisée.  Je ne comprends pas par quelle erreur technique il faut passer pour arriver à ce résultat.  C’est plus fort que moi, je n’arrive pas à détacher mon regard complètement.  Je continue à l’observer, de dos, tandis qu’elle s’éloigne.  Je regarde autour et ce qui m’étonne encore plus, c’est que j’ai vraiment l’impression d’être la seule à avoir vu.  Ça me semble impossible, ce truc est visible comme le nez au milieu de la figure et pourtant…  Ça me fascine quand je réalise que les gens ne font même pas semblant de ne pas avoir vu (la surprise les trahiraient), ils ne voient pas, c’est tout.  Le metro arrive, elle entre dans un wagon et j’entre dans un autre.  La chose à faire aurait été de lui dire.  Lui éviter la honte de continuer son chemin encore longtemps comme ça.  Mais je n’ai pas trouvé comment faire.  Je sais pas non plus comment ça aurait été reçu.  Parce que finalement, ça demande plus de courage que je pensais de dire à une inconnue qu’un long morceau de papier de toilette probablement coincé je veux pas savoir où, forme une petite traîne au bas de son dos.

De la lecture [luxe des livres, luxe des mots]

Dans la chambre de ma cousine âgée de 3 ou 4 ans, il y avait une série d’une vingtaine de livres, l’édition complète des romans de la comtesse de Ségur que ma tante avait acheté dans la hâte de lui transmettre un jour le goût de la lecture.  J’étais fascinée par les reliures bleues et or et le médaillon de la page couverture qui contenait une belle illustration gravée.  À l’intérieur, il y avait d’autres belles gravures, mais c’était des vrais livres, avec des pages (plus de cent!) pleines de textes en garamond, sur un papier (Rives?) couleur crème qui sentait bon et un joli ruban bleu cousu à la reliure pour marquer la page.

Je m’assoyais au pied du lit et je lisais plutôt que d’aller jouer avec les cousins et le petit frère, tous beaucoup plus jeunes que moi (j’avais peut-être 10 ans).  Quand ma mère disait que c’était l’heure de partir, j’avais envie de pleurer.  Laisse-moi lire juste une autre page avant, c’est la fin du chapitre.  Ma tante a fini par céder et me donner la permission d’emprunter 2 livres entre chacune de nos visites chez elle.  Je devais promettre de leur faire très attention.  Avant de les ramener, j’avais le temps de les lire 2 ou 3 fois chacun.

Je me souviens de ces premiers moments de vraie lecture, dans ma chambre, sous la lampe rose.  Parfois jusque tard dans la nuit, avec ma robe de chambre déposée contre le bas de la porte pour que personne ne se doute de quoi que ce soit.  Le précieux livre entre les mains et un dictionnaire tout près, afin de mieux comprendre les mots saignées, camphre, serfs, grigou, buson, péronnelles, fricot, croquignoles, palefrenier…  Je répétais les mots taffetas, soie mordorée, mousseline, brocart, bords festonnés, organdi, tarlatane, linon, falbalas en contemplant les belles gravures.  Je me suis longtemps demandé pourquoi on respirait des sels et je ne sais pas si j’ai jamais trouvé ce qu’était l’eau de gomme fraîche.

Et finalement, ces livres, ma cousine ne les a jamais lus.

De la lecture [notes sur les débuts]

Il n’y avait pas de livres à la maison.  Parce que les livres, une fois qu’on les a lus, ça sert seulement à ramasser la poussière.  Il y avait un dictionnaire Robert, un Grévisse (Le français correct), un livre sur Paris avec des tonnes de photos qu’une tante m’avait acheté parce qu’elle avait remarqué que je pouvais passer des heures à regarder le sien quand j’allais en visite chez elle et il y avait les guides de l’auto de mon père.

Alors au début, je lisais les journaux.  Je me souviens d’un week-end de canicule de juillet où j’ai tout lu sur le mariage de Lady Di et du prince Charles.  Mon père disait regarde, j’en reviens pas, la petite sait lire déjà.  Ma mère disait, en roulant des yeux les bras au ciel, il fait si beau, va donc jouer dehors avec les autres.

La professeur a dit que c’était une bonne idée de m’abonner à la bibliothèque municipale.  C’était trop loin de la maison pour que je puisse m’y rendre seule.  Mon père allait m’y reconduire.  Regarde bien ta montre, quand la grande aiguille sera sur le 10, tu reviens à la voiture dans le stationnement, je t’attends ici.  Fallait faire vite, parce que c’était long au comptoir, faire étamper toutes les petites cartes dans la pochette au dos de la dernière page par Madame Thérèse.  Il y avait une limite de 5 livres pour deux semaines.  Très vite, j’ai dû trouver une solution pour contourner la règle.  J’ai demandé à ma mère de prendre un autre abonnement au nom de mon petit frère.  Madame Thérèse étampait les Alice détective à coup de dix, sans même un petit sourire en coin.

You’d never believe the shitty thoughts I think

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Rien n’est plus douloureux que ces phrases formées, qu’on a l’appétit de dire, et qu’on doit laisser se dissoudre en soi alors que leur expression est le seul mode connu pour s’en défaire.                  — Pascal Quignard, Vie secrète 

Alors j’écris

et je réécris

encore

encore

encore

I’m ambitious [when giving up]

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Je sais pas comment t’as réussis ça.  Le pire timing du monde.  Deux fois.  La première fois que tu t’es manifesté dans mon inbox, j’étais en train de brailler toutes les larmes de mon corps.  Nah, j’exagère.  Mon côté drama queen.  N’empêche que j’étais déçue.  Blessée.  Je pensais connaître quelqu’un.  J’avais pas encore de mots encore pour définir ce qui me reliait à lui.  Au minimum, un grand sentiment d’amitié, d’affection, d’affinités déjà étalé sur quelques années.  Au maximum, qui sait.  L’envie de tester la ligne entre les deux, peut-être.  J’savais pas encore qu’il fallait pas s’en faire autant pour un gars qui n’est pas celui qu’on pensait qu’il était.

Alors j’ai dû renifler et te faire une réponse générique ben plate.  Merci, c’est gentil, ça fait toujours plaisir de savoir qu’on touche parfois une corde sensible (et c’est vrai).  Non, je ne pense pas qu’on se soit déjà rencontré quelque part (et c’est vrai aussi, mais là, pour la forme, je fais semblant de pas savoir que tu le sais aussi bien que moi).  Je ne sais pas si j’ai googlé ton nom à ce moment là.  Peut-être que j’ai pas trouvé grand chose.  Mais au fond, peut-être que j’avais juste pas la tête à ça.

Je pense qu’il est passé six mois, peut-être huit avant que je revois ton nom écrit en bold.  C’était charmant comme message.  Juste pour te dire que ce que tu écris me touche toujours autant.  Merci.  Trois semaines avant, l’histoire aurait sans doute été différente.  Là, j’étais libre, sans l’être vraiment.  J’ai jamais été très bonne pour gérer ces moments là, quand tout arrive en même temps (ça serait pas possible de vous étaler un peu dans le temps, des fois?)  T’as proposé d’aller prendre un café.  Ce qui est drôle, c’est que lorsque j’ai répondu, j’étais vraiment convaincue d’avoir dit oui.  D’avoir même eu l’air enthousiaste.  Quand j’ai relu ma réponse attentivement, trois semaines plus tard, je me suis rendue compte que c’était confus et j’ai compris pourquoi tu n’avais pas répondu.

J’ai pas osé te relancer.  J’ai eu peur d’avoir l’air de vouloir profiter.  J’avais regooglé ton nom.  Je me suis rendue compte que ta carrière avait pris son envol.  J’étais impressionnée.  Et je ne suis même pas certaine de savoir si c’est par ton talent ou par l’éclat dans tes beaux yeux verts.  Ta passion pour ce que tu fais ou ton sourire.  Parce que tu as l’air d’être un homme bon.  Et que la bonté, je trouve ça sex.

Mais faut que je te dises, la dernière fois que j’ai pensé avoir trouvé la bonté, j’ai pris l’habitude de l’inviter chez moi.  Puis, un jour, j’ai compris que c’était aussi possible d’être la bonté incarnée pour tout le monde, sauf pour la fille avec qui tu couches.  Je pense qu’il n’y aurait pas de filles hystériques et que la paix serait sur terre si les hommes savaient (entre autre) la douleur intime d’une épilation intégrale POUR RIEN.  Il y aurait aussi beaucoup moins de dates annulées à la dernière minute.  Et plus jamais de recette complète de mousse à l’érable jetée à la poubelle. 

J’me dis souvent que si j’avais un meilleur don pour trouver la bonté (et le reste), peut-être que mes envies de solitude, de bord d’océan ou de fleuve, dans un chalet de bois avec une bibliothèque, un jardin et un grand danois (pas le blond, l’autre) qui monte la garde pour l’éternité seraient moins fortes.  Mais j’ai le don d’espoir, celui qui s’attarde et se perd un peu (encore souvent mais jamais bien longtemps), en attendant devant une mauvaise adresse.  C’est MA faute.  Les sens uniques sont toujours indiqués longtemps à l’avance sur les cartes.  Faut juste se donner la peine de lire comme il faut.  Je m’égare.  Encore.

Enfin, il y a trois semaines, un beau matin, t’as ouvert un compte instagram et tu m’as ajouté, avec quelques 30 personnes.  J’me sentais spéciale.  J’étais contente que tu te souviennes quand même de moi, après toutes ces années.  Finalement, en après-midi, t’avais ajouté presque 400 personnes.  J’me trouvais un peu plus ordinaire.  Puis j’ai vu les photos de ton nouveau né.  J’me suis désabonnée.

Mais finalement, je voulais juste te dire que même si on se connait pas réellement, même si j’ai pas pris le temps que j’aurais dû ou la chance que j’aurais dû prendre, même si je saurai jamais si t’es vraiment un homme bon, j’espère que t’as trouvé tout ce que tu cherches.  J’espère que t’es heureux.  Sincèrement.

 

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