Encore une fois, tous les soirs de la semaine, j’ai remis la corvée d’aller faire l’épicerie au lendemain. Samedi matin, y’avait plus le choix. Je pensais qu’il n’y avait pas pire que de faire son épicerie le vendredi soir, tellement looser. Mais là, jamais qu’on va m’y reprendre un samedi matin. L’ENFER.

Y’a tellement de monde, ça me fait paniquer. Personne n’est pressé, comme si y’avait rien de mieux à faire que d’être là. Les petites familles pour qui faire l’épicerie, c’est comme la grande sortie de la semaine. Avec les petits morveux qui courent partout, qui te bloquent le chemin en transformant cette épreuve déjà pénible en course à obstacle. Les parents tellement obnubilés par leur progéniture qui échappe à toute forme de contrôle, le regard empli de fierté devant ces petits monstres d’égoïsme impolis. Les petits nouveaux couples qui s’arrêtent devant chaque produit : "quelle sorte de biscuits tu préfères?" "Est-ce qu’on prend les cornichons à l’aneth ou les sucrés?" Qui argumentent sans fin sur l’achat du lait en sac ou en carton de 2 litres en bloquant l’accès au frigo. Les petits vieux qui roulent leur paniers à contresens en s’attendant, le regard imperturbable, à ce que tous s’écartent sur leur passage, comme Moïse traversant la mer rouge. La caissière tellement émerveillée par le bébé du prochain client qu’elle ne t’adresse même pas la parole. Et pour finir, la criss de mini-van qui t’éclabousse des pieds à la tête alors que tu retournes à ta voiture, qui est à l’autre bout du stationnement, sous la grosse pluie battante.

Ça fait du bien d’en parler.
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