C’était vers la fin d’octobre.  Les fleurs fanées du pavillon avaient été arrachées et les plantes vivaces, rabattues au sol.  Mes outils de jardin nettoyés et rangés jusqu’au printemps.  De peine et de misère, j’ai glissé l’immense pot de terracotta qui contient l’hibiscus qui orne la cour intérieure sur la palette du diable et je l’ai attaché avec une sangle.  Je me suis dirigée vers la porte principale et l’adolescent qui travaille à la réception les jours de fin de semaine s’est empressé pour m’aider.

Je vais la laisser dans le petit salon qui est fermé derrière la chapelle pour l’hiver.  Ma mère va venir l’arroser de temps en temps, tu peux me prêter la clé?

Oui c’est sûr

Pendant que j’attends, l’infirmière en chef discute avec la fille d’une patiente près de l’ascenseur.

On a monté les thermostats le plus qu’on pouvait dans la chambre de votre mère, mais la pauvre elle se plaint tout le temps qu’elle a froid.  Nous on peut pas vraiment faire plus que ça.  C’est presque l’hiver et on a regardé, votre mère n’a que des petites blouses de coton et des vêtements d’été dans ses tiroirs.  Ça serait bien de lui acheter quelques vestes ou chandails de laine et un pyjama plus chaud, elle serait beaucoup plus confortable…

Ma mère elle a 92 ans.  Le médecin arrête pas de nous dire qu’elle passera pas l’hiver alors je vais pas dépenser tout l’argent pour lui refaire une garde-robe certain!