Chicken anyone?

After that it got pretty late, and we both had to go, but it was great seeing Annie again. I… I realized what a terrific person she was, and… and how much fun it was just knowing her; and I… I, I thought of that old joke, y’know, the, this… this guy goes to a psychiatrist and says, « Doc, uh, my brother’s crazy; he thinks he’s a chicken. » And, uh, the doctor says, « Well, why don’t you turn him in? » The guy says, « I would, but I need the eggs. » Well, I guess that’s pretty much now how I feel about relationships; y’know, they’re totally irrational, and crazy, and absurd, and… but, uh, I guess we keep goin’ through it because, uh, most of us… need the eggs.

Alvy Singer (Woody Allen), Annie Hall

Good news, bad news….

En amour, je ne sais pas pourquoi, c’est infaillible.
La bonne nouvelle doit toujours être suivie d’une mauvaise.
Et la mauvaise survient toujours au moment où tu t’en attend le moins.
Juste quand tu commences à être trop sûre de ton affaire.
Quand t’as le coeur qui bat et la certitude qu’il ne battera pas seul longtemps…
Juste pour te rappeller (comme si t’en avais besoin, depuis le temps que ça traine cette histoire là) qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Oui, il ressent quelque chose pour toi.
Non, là, maintenant, il est pas tout à fait libre.

Bon, qu’est-ce qu’on fait à partir de là….

Y’a des jours…

Y’a des jours où tu réalises que t’as beau avoir fait tout ce qu’il faut, bien comme il faut, une étape après l’autre, t’es restée calme dans la tempête, t’as joué le jeu de manière méthodique, rationnelle, t’es restée forte, brave, courageuse, et puis là t’attends ton pay-off qui arrive juste pas. C’est pas payant pantoute d’être logique dans la vie.

Eh ben là, la fille sage et raisonnable, elle a reçu son avis d’expulsion et elle est en train de faire ses boîtes. Pour un bon bout de temps. Je coupe les ponts avec elle, j’suis plus capable de la sentir.

 

Lire au hasard

Rien de plus fascinant que d’ouvrir des livres au hasard et de tomber sur des mots qui s’appliquent directement à ce qu’on vit, ou qui ont une résonnance tellement actuelle, même à plus de 300 ans de distance.

Jean de La Bruyère qui parle de l’amour, des femmes de la cour et des femmes de la province, c’est déjà une prémonition de Desperate Housewife… :

Pour les femmes du monde, un jardinier est un jardinier, et un maçon un maçon; pour quelques autres plus retirées, un maçon est un homme, un jardinier est un homme. Tout est tentation à qui la craint.

Une caricature de ma vie amoureuse :

Il arrive quelquefois qu’une femme cache à un homme toute la passion qu’elle sent pour lui, pendant que de son côté il feint pour elle tout ce qu’il ne sent pas.

Les réalités du divorce :

Regretter ce que l’on aime est un bien en comparaison de vivre avec ce que l’on hait.

— La Bruyère, Les Caractères

C’est arrivé quelque part loin de chez-vous l’automne dernier…

Mise en situation :
La vente de ma maison (qui m’aurais permis de conclure mon divorce et de quitter la maison de campagne pour retourner mener ma vie de célibataire à Montréal, où je travaille) vient tout juste d’échouer, je viens de passer une semaine d’horreur pas possible, c’est vendredi soir, il est 21h15 et je n’ai pas eu le temps d’aller acheter une bouteille de rouge à la SAQ. Je suis déprimée, j’ai besoin d’un remontant. J’aurais envie de sortir, mais pas question de remonter à Montréal, 1 heure et quart de route pour un verre (ou deux, mais pas plus parce qu’on conduit), ça commence à être long…

Ma copine M, qui habite les environs, me propose de sortir prendre un verre dans un des trois débits de boisson du village. M n’a pas vraiment hâte que je retourne vivre à Montréal car elle va vraiment trouver le temps long quand je serai partie. Je lui dis souvent que c’est peine perdue, et que ce n’est vraiment pas ici que je vais rencontrer l’homme de ma vie, celui (le seul) qui pourrait me faire changer d’idée là-dessus, mais elle a toujours un petit sourire mystérieux quand elle me répond : on sait jamais, on sait jamais… Ce soir là, M a senti que c’était sa chance, et qu’il était temps d’aller voir s’il n’y aurait pas un bel homme de la campagne aux alentours pour me faire changer d’idée. Dois-je préciser que M, autant que moi qui habite ce village depuis maintenant 5 ans, n’avons déjà mis les pieds dans un de ces établissements.

Strike 1
Elle veut mettre toutes les chances de son bord. Elle sait que j’aime les hommes qui ont un minimum de classe, alors elle propose en premier lieu le bar du club de golf. Ça semble une bonne idée à priori. Est-ce que j’ai dit que nous sommes en automne? Ouin, un peu hors saison là… En fait, le bar n’est pas complètement désert puisqu’au sous-sol, il y a, vous aurez deviné, le très chic salon de quilles du village. Un tour d’horizon rapide nous permet de remarquer que le port de la moustache est toujours très in en campagne. La moyenne d’âge élevée (c’est poli) est également une cause certaine de disqualification. Nous avons rapidement décidé que le verre pouvait attendre encore quelques minutes et nous nous sommes tout de suite faufilées vers la sortie.

Strike 2
Au centre du village, il y a un petit pub qui a l’air franchement sympa. Aussitôt entrées, nous prenons place et nous commandons nos verres (là, ça presse!). Il y a quand même pas mal de monde, presque juste des gars, concentrés sur des écrans diffusent la toute fin d’un match de hockey. On commence à regarder plus attentivement, pour se rendre compte que la moyenne d’âge est en chute libre si on compare avec le club de golf. Des gars de 24-25 ans, j’aurais vraiment été ravie. Mais là, on ne parle même pas de gars, ce sont des adolescents. Je dis à M, que franchement, il n’y en a pas un qui a l’air d’avoir plus de 17 ans dans la place. Elle me répond que oui, s’il y avait une descente dans la place, on serait probablement les seules à s’en tirer, avec le gars qui est à deux tables voisines. Je jette un œil vers lui, et franchement, il est vraiment pas mal, pas mal du tout, peut-être 26, 27 ans, grand, brun, cute. Je lui souris. Il répond à mon sourire. Pendant les 5 minutes qui suivent, nous échangeons regards et sourires, mais je sens qu’il y a quelque chose qui cloche, quelque chose qui me dit que le timing est probablement pas bon. J’ai ma réponse quelques minutes plus tard alors qu’une fille (très jeune) vient le rejoindre. Pauvre gars, il a presque l’air déçu de voir sa date arriver.
Nous pensons à partir. Le gars se lève pour aller fumer dehors. Alors que je sors du pub, nous échangeons à nouveau un regard. Il fait un pas vers moi et je sens qu’il s’apprête à m’aborder. Instinctivement, je jette un oeil à l’intérieur du pub par la fenêtre. La jeune fille nous regarde. Je revois dans ses yeux toute la fragilité amoureuse de mes 17 ans. Il l’a vu lui aussi. La magie est morte. Bad timing.

Strike 3
On s’est dit tant qu’à faire, autant faire le tour de la question. Nous sommes donc entrées dans ce bar typique de région, oui, de région où les plantations diverses sont fructueuses. Dois-je rappeler que c’est l’automne et que c’est la saison de la récolte. Les douze motos devant le bar auraient dû nous donner un bon indice. Ok, il y a bad boys et bad bad boys. Une fille bien a quand même ses limites. L’ambiance est bizarre dans la place, disons que je ne me sens pas tout à fait dans mon élément. À peine arrivées on se dit on prend un verre et on s’en va. On prend place à une table, et la serveuse nous apporte des shooters qu’on a pas commandés. Bon, j’pense qu’on est pas passées inaperçues. Les verres sont pas sitôt finis qu’on nous en apporte d’autres, et d’autres. On sait toujours pas de qui ça vient. On commence à se demander comment on va se sortir de là sans froisser personne (et croyez-moi, y’a personne là dedans qu’on aurait délibérément envie de froisser…), quand soudainement, la musique s’arrête et toutes les lumières s’allument en même temps. Ça donne un choc. Environ une trentaine de policiers en uniformes entrent dans le bar. Merde, une descente. Ça aussi, ça donne un méchant choc…

Morale de cette histoire : ça vaut VRAIMENT la peine de faire 1h et quart de route, quand bien même ça serait juste pour un verre…

Les Lendemains difficiles

Le matin post St-Valentin frappe fort.
Hier j’aurais eu besoin d’un homme pour me serrer dans ses bras.
Mais c’est ce matin, au saut du lit, que j’ai vraiment pris conscience à quel point j’avais besoin de deux beaux bras d’homme fort dans ma vie…
…3/4 d’heure à pelleter avant d’aller travailler, ça use sa princesse.

J’ai mal partout! J’veux un massage!