Puisque le feu loge secrètement dans la neige (Hommage à Marot)

C’était une belle journée de mars, comme il y en a souvent vers la fin de l’hiver. Je venais tout juste d’avoir 14 ans. J’étais dehors avec mon amie Geneviève, on revenait de la patinoire extérieure. Elle et moi sommes voisines depuis la naissance, et à cette époque là, nous étions pratiquement comme des sœurs. Des gros flocons commençaient à tomber, et il faisait presque nuit. Geneviève est rentrée chez elle, et alors que j’allais aussi rentrer à mon tour, j’aperçois Nicolas, le grand frère de Gen, 17 ans, qui revenait aussi de la patinoire.

Du plus loin que je me rappelle, Nicolas a toujours eu le don de me tomber sur les nerfs, avec son petit côté baveux et condescendant d’aîné. Mais depuis quelques temps, il y a quelque chose de changé dans son attitude. Moi aussi, quand Geneviève a le dos tourné, je dois admettre que je ne regarde pas Nicolas avec les mêmes yeux qu’avant.

Alors qu’on se croise, il y a une étincelle malicieuse dans ses yeux. Comme je ne m’y attendais pas du tout, il me lance une balle de neige. Aussitôt le moment de surprise passé, je réplique, et je me sauve en courant. Il me rattrape par le bras et il m’écrase une poignée de neige sur la joue. Je riposte en lui glissant de la neige dans le collet, directement sur la nuque. On crie, on rit, on répète le même manège, et avant même que j’aie le temps de réaliser ce qui arrive, ses mains se sont glissées dans mon manteau, et il m’attire contre lui. Lorsque ses lèvres entrouvertes se sont posées doucement sur les miennes, il y a eu ce frisson dans mon ventre, mon premier vrai désir de femme.

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6 réflexions au sujet de « Puisque le feu loge secrètement dans la neige (Hommage à Marot) »

  1. C’est pas toi qui parlais justement de l’importance du premier baiser…

  2. @une femme libre : Merci beaucoup!

    @Klöd : l’importance du premier baiser, oui… ça détermine tout… ;-)

    @une corneille : oui, je pense qu’en vieillissant, on oublie que ça peut être tellement simple des fois…. on aime ça compliqué…

  3. Très beau comme souvenir.

    Je pense que je suis nostalgique ce soir… Je pense à 2 moments avec la même personne, dans la même journée à quelques heures d’intervale.

    Il fait beau, il fait soleil et il fait chaud. Je m’étend dans l’herbe en me demandant ce qui me rend aussi joyeux. Elle se laisse choire juste à côté. Ses cheveux se mêlent aux miens. Et je comprends que c’est elle qui me rend si heureux…

    Plus tard, on est sous un portique, le soleil se couche. Elle me dit prend-moi dans te bras et serres-moi… Elle comprend que c’est elle qui me rend heureux.

    Je crois… Que ma plus grande crainte dans la vie c’est de perdre la mémoire… Quand j’y pense, si c’est ça

  4. Pour continuer, je viens de retrouver ce texte…

    Avril… et cette journée de printemps

    En la sylve, baigné par le couchant;
    Le soleil pave les sentiers de rayons d’or,
    Les feuilles, lentement, s’égouttent des sycomores,
    Alors, que tout alentour s’égaye du doux murmure des amants,

    L’hirondelle pépiant gaiement s’envole
    Et virevolte en un élan frivole.
    L’écureuil, espiègle, d’arbre en arbre sautille
    Observant le romanesque idylle.

    Et la muse d’un regard moqueur s’émerveille
    Devant le tableau bénit du bonheur
    Qu’offre le couple à l’amour vermeil.

    Ainsi voici! Que sur les lèvres de la belle au céleste parfum,
    Soudain, le poète enjôleur
    Niche un baiser d’une affectueuse caresse.

    Ça fait déjà 7 ans

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