Euphorie

Une collègue : J’ai appris la grande nouvelle, ta maison est vendue?

Mlle V : oui, enfin! tout est fait, je suis tellement contente!

C : Alors tu t’en viens en ville?

MV : Oui! (grand sourire), j’ai même déjà trouvé mon appartement, je signe mon bail demain et d’ici deux semaines je suis installée!

C : Ah!, Je suis tellement contente pour toi! Ça fait tellement longtemps que t’attends ce moment là! …Dis donc, je peux te poser une question indiscrète?

MV : Oui vas-y

C : T’es tellement resplendissante, est-ce que tu es en amour?

MV : ahahahah! Non, pas du tout!!!!
[Moi, c’est le divorce qui me rend euphorique!!!]

***

Enfin, après des longs mois d’attente, je vais pouvoir donner le coup d’envoi à une nouvelle vie. Bien des nouveaux projets qui s’ouvrent à moi, le temps où j’attendais qu’il se passe quelque chose dans ma vie est terminé!

Et puis, ça met aussi un terme à ces conversations là.

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Je reviendrai à Montréal!!!!!!!!!!!!

Mais ça ne sera pas dans un boeing bleu de mer
(plutôt une focus rouge sangria)
et surtout ça sera bien avant l’hiver!!!!!!!!

La contre-offre a été acceptée ce matin, je dois déménager d’ici le 14 juillet!!! C’est de la folie!!!!!!!

Stressée?!? Vous devriez voir ça…. ou p’être vaut mieux pas! Je me plaignais qu’il ne se passait rien, là je vais être servie pour la peine!

Tassez-vous, la tornade arrive!

Sur un 10 cent

La première offre a été reçue ce matin. Évidemment ils ne s’attendent pas à ce qu’on accepte tout de suite, ça fait partie de la game (tough pour les nerfs). Nous avons fait une contre-offre qui a des chances de passer, sinon, nous allons sans doute recevoir une contre-contre-offre et c’est là que ça passe ou que ça casse, mais disons que ça semble plutôt bien parti. Je suis à peu près sûre que ça va passer. Je pense que d’ici lundi ou mardi, je devrais être fixée sur mon sort….
Et c’est là que ça risque de bouger… la prise de possession est prévue pour le 14 juillet!!!!!!! Ça me laisse donc moins de 3 semaines pour me revirer sur un 10 cent… La vie est tellement ridicule, ça fait un an que j’attends et là ça va être le méga stress, je risque de manquer de temps, surtout si mon deal pour le super appart dans la petite Italie ne fonctionne pas (ça je devrais savoir en début de semaine prochaine…). Je risque de vivre d’adrénaline et d’eau fraîche pour les 3 prochaines semaines… Dormir? je pense que je risque aussi d’oublier comment on fait!

Gros gros stress donc, mais stress positif en quelque part, enfin l’impression que je vais pouvoir sauter dans le train, après un an à poireauter sur le quai… Excitant et terrifiant en même temps…. Bordel, dans moins de 3 semaines je pourrais (devrais!!!) être installée à Montréal, j’arrive pas à y croire, c’est complètement fou.

Du Cognac

Léopold Gourmel (L’âge des fleurs)
« Chaud et riche au départ, soyeux sur la langue, velours sur la gorge, très long dans le corps avec un beau retour de chèvrefeuille et de tilleul... »

À défaut d’un french kiss, il me semble que c’est ce qui me manquait aujourd’hui, avec ma crème glacée.

Sans attentes

Ce qui est difficile lorsqu’on est placé dans une situation d’attente, c’est justement de rester sans attentes. De lâcher prise. D’essayer de se garder occupé, de s’investir ailleurs, arrêter d’y penser. Mais parfois, on a beau suivre un autre fil, il semble que tous sont liés, de près ou de loin, au même nœud. Sans cesse, on est ramené au cœur du problème. J’arrive à lire deux livres en même temps mais dans ma vie, j’ai l’impression que ce n’est pas souhaitable de commencer un nouveau chapitre sans avoir terminé celui qui précède. J’y suis presque. Au fond, il ne reste que du verbiage creux, législatif, de la prose de notaire et d’avocat, non mais qui a besoin de lire ça? Pourquoi ne pas sauter le chapitre comme tout le monde?

J’ai reçu un appel hier, des acheteurs potentiels vont voir ma maison demain. Rester sans attentes. Ne pas me dire que cette fois c’est peut-être la bonne. Lâcher prise. Me dire qu’au fond, je ne suis pas à plaindre, je vis seule dans une grande et belle maison, j’ai la paix, je suis autonome, j’ai ma voiture, je travaille 3 jours par semaine pour les trois prochains mois… Vivre le moment présent en sachant que l’avenir n’est pas ici.

L’avenir. Si je pouvais vendre et déménager bientôt, une connaissance me louerait un appart merveilleux super bien situé dans la petite Italie, à un prix exceptionnel (juste parce que c’est moi, et que je suis tellement une bonne personne, digne de confiance)… Rester sans attentes, lâcher prise… Ne pas penser que cette chance incroyable va peut-être me glisser entre les doigts.

Quand on n’a pas d’attentes, on ne risque pas d’être déçu, mais c’est tellement plate d’être sans espoir. De ne pas avoir cette petite étincelle dans les yeux. Progressive sensation du vide. Non, l’étincelle n’est pas morte, mais à force d’être réprimée, elle aura besoin d’un bon coup de fouet pour se réveiller… Ou bien d’un volontaire pour souffler sur la braise… Sans attentes…

Changement d’huile

Quand on porte une jolie jupe rose pour aller faire faire le changement d’huile de la voiture, le gars au comptoir du service a soudainement besoin d’avoir tous tes numéros de téléphones (maison, au travail et cell.) pour son fichier client. Ensuite, avec le numéro de série de la voiture, il fait sortir l’historique de ton véhicule sur papier, puis en te tendant la feuille, il te dit en t’expliquant ce que c’est: tu pourras montrer ça à ton chum. C’est presque subtil comme manière de s’informer (en plus d’être vaguement condescendant). Son sourire est large quand tu confirmes qu’il n’y aura pas de chum pour regarder la feuille en question.

Ensuite, les 3 mécaniciens, à tour de rôle, viennent se passer la tête par la petite porte pour jeter un œil, c’est presque discret. Le plus brave des trois (le plus jeune et le plus cute), va même faire le détour en passant deux fois par le comptoir du service pour sortir dehors (alors qu’il aurait pu prendre l’autre porte juste à côté de lui). À chaque fois qu’il passe près de toi, il te décroche un magnifique sourire et te dit bonjour.

Morale de l’histoire :

Dans ce temps là, on en profite pour faire arranger 2-3 niaiseries de plus sur l’auto, ils sont trop heureux de te dire qu’ils ne te chargeront pas pour le petit extra…