Au bois dormant…

Depuis le déménagement, on dirait bien que je ne fais que ça, dormir. J’imagine que c’est le stress des derniers mois qui tombe d’un coup. Plus d’un an d’insomnie à rattraper.

Je dors tard le matin (après avoir mis mon réveil très tôt pour pouvoir changer l’auto de bord de rue, ouais, bienvenue à Montréal). Je défais une boîte, je fais une sieste. Je m’installe dehors avec un livre, je m’endors au soleil, j’écoute un film, je m’endors dessus. C’est tellement pas moi. J’imagine que ça va me passer bientôt.

J’ai hâte de me réveiller et d’enfin me sentir vraiment chez moi.

Ça n’arrive qu’au cinéma et à moi (prise 2)

Une autre belle journée sans nuage qui s’annonce et ce soir, j’ai un vol direct pour le Japon de prévu à mon horaire. C’est donc dire que la robe rouge sera la robe du jour. Je ne suis pas encore tout à fait habituée à l’attention que génère la robe rouge, cette sensation d’être vue à 10 km à la ronde. Oui, ça m’arrive d’être regardée, mais jamais autant que lorsque je porte cette robe, c’est presque gênant. I feel like sexy Minnie Mouse, qui a une robe semblable dans le dessin animé. Bon ok, c’est peut-être pas l’image que vous espériez, mais c’est celle qui me vient.Le premier jour où je l’ai porté, quand je suis sortie sur l’esplanade de la Place-des-Arts à l’heure du dîner, la foule s’est soudainement mis à applaudir. Ok, la chanteuse sur la scène du festival venait aussi de terminer sa chanson, mais la simultanéité du moment était juste trop drôle, fallait que j’en parle.

Ce matin, donc, je suis venue travailler à pied, affrontant tous les regards, répondant à quelques sourires, la musique de mon lecteur mp3 me donnant un peu d’aplomb et une démarche qui assure (Wild thing, I think you move me But I gotta know for sure Come on and hold me tight Oh you move me…). J’étais presque arrivée, lorsqu’à un coin de rue du bureau, une femme est passée devant moi…. Avec la même foutue robe… J’ai éclaté de rire. Je ne pouvais juste pas y croire, 2 fois en 2 semaines avec 2 robes différentes. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Unluckiest girl in the world.

Anyway, j’ai un prix de consolation, la robe me va 100 fois mieux, SHE didn’t look like sexy Minnie Mouse at all, tellement que ça n’avait même pas l’air d’être la même robe. Pfffffft.

Ça n’arrive qu’au cinéma… et à moi

Mon premier jour de travail en tant que montréalaise.

Ce matin là, je me suis réveillée avec le sourire aux lèvres. Le ciel était bleu, sans nuages. J’ai choisi la robe que j’ai achetée spécialement pour fêter l’événement que j’attendais depuis deux ans. Je me sens bien, rayonnante. Je suis allée travailler à pied. Ça prend une heure pile. Ça me plaît de marcher. Ça me permet de mettre mes idées en place, d’être dans ma bulle.

Au cours de la journée j’ai croisé plusieurs fois le garçon qui me troublait tellement encore il n’y a pas si longtemps. À chaque fois, il s’est retourné sur mon passage et il a cherché mon regard, qu’il n’a pas trouvé. Rien. Je ne ressens plus rien. Butterflies has left the building. C’est une bonne nouvelle, j’imagine. C’est donc vraiment une nouvelle vie qui commence. Clean slate.

Sur le chemin du retour, après la journée, je me suis fondue dans la foule sur ma rue préférée, envahie par un certain festival. Je vois les automobilistes qui ragent et ça me fait penser que je suis contente de ne plus devoir prendre la voiture pour aller travailler. En passant devant une certaine salle de spectacle aux abords achalandés, je tombe face à face avec une fille qui porte exactement la même robe que moi. On échange un sourire jaune.

Merde. Pour une fois que je me fais (vraiment) plaisir, que je me gâte et que je m’achète une robe de designer (griffe québécoise), fallait que ça m’arrive. Bordel, la robe doit exister en à peine 3-5 exemplaires maximum, combien y avait-il de chance pour que je tombe sur une des 4 autres filles qui a acheté la même robe et qui a choisi de la porter le même jour? Pffffft.

Lire les visages

Extrait lu sur un mur de la Biennale de Montréal
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Le visage est une surface qui accueille certaines expressions et certains liens tandis qu’elle en neutralise d’autres. C’est un écran et un cadre. Lorsqu’on est mis en présence d’un visage, on imagine une certaine gamme d’expressions pouvant s’y manifester, et l’on prépare une certaine gamme de choses à lui adresser. On voit ce qui peut être dit, et ce que l’on aurait pas dû dire.

Alphonso Lingis, Dangerous emotions

Dernier stretch

Tellement de choses à régler en peu de temps et un paquet de problèmes imprévus… Vais-je survivre? Les conneries de bureaucratie, c’est franchement pénible! Bon ça achève, mais si quelqu’un invente le truc où on se réveille une semaine plus tard avec tous les problèmes réglés, les boîtes déménagées et dépaquetées, et tout, qu’il me fasse signe! Je sais, ça a toujours l’air pire que ça l’est, mais il y a tellement à s’occuper, j’ai l’impression de devoir franchir une montagne et de ne pas avoir les bons souliers pour ça.
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Je prend off de mes boîtes demain, question de laisser la place à l’ex et à ses bras de service. Une fois son stock (et lui) sorti de la place, je vais sûrement y voir plus clair. Enfin j’espère. Dans une semaine, à la même heure, le gros de la job va être fait. J’ai tellement hâte d’être là. Ailleurs. L’esprit libéré. La paix. Une dernière semaine de merde à passer. Juste ça. 7 jours et ça sera fini… 7 jours et une nouvelle vie…

Leçon de séduction

Je n’avais pas besoin d’une femme pour satisfaire à mon tempérament, mais d’aimer, et de reconnaître dans l’objet qui m’intéressait beaucoup de mérite tant à l’égard de la beauté, comme à celui des qualités de l’âme; et mon amour naissant gagnait en force, si je prévoyais que la conquête devait me coûter des soins. Je mettais la possibilité de la non-réussite dans la ligne des impossibles; je savais qu’il n’y a pas de femmes au monde qui puisse résister aux soins assidus, et à toutes les attentions d’un homme qui veut la rendre amoureuse.
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Casanova, Histoire de ma vie, volume 9 chapitre 8