De la fonction rassurante des papillons

Il y a à peine trois mois, dans la même situation, j’aurais eu le cœur qui bat à tout rompre. Peut-être même aurait-il pu l’entendre. J’aurais fait ce sourire nerveux qui m’exaspère parce qu’il me trahi, surtout lorsqu’il se termine sur ce tic incontrôlable qui me fait mordiller la lèvre du bas. J’aurais probablement rougi un peu, en bafouillant mes réponses, tout en prenant discrètement appui contre le mur, parce que mes jambes seraient soudainement devenues toutes molles sous l’empire de son regard. C’est fou comme ce mec me faisait de l’effet. Putains d’hormones.

Maintenant, rien. Plus rien. Un calme plat. Pas le moindre trouble. L’absence de désir, même. J’imagine que c’est une bonne chose, qu’il fallait bien en arriver là un jour ou l’autre. Le genre d’histoire banale, une longue succession de rendez-vous manqués. J’essaie de me convaincre, de me dire que ça laisse enfin de l’espace pour que quelque chose d’autre puisse se produire, mais devant le grand vide de l’horizon, les papillons au ventre me manquent dans ce qu’ils ont de plus rassurant : ils donnent la certitude d’être vivant.
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