Je suis dix-huitièmiste

« On disait trois fois à une femme qu’elle était jolie, car il n’en fallait pas plus : dès la première, assurément elle vous croyait, vous remerciait à la seconde, et assez communément vous en récompensait à la troisième. Il arrivait même quelque fois qu’un homme n’avait pas besoin de parler, et, ce qui, dans un siècle aussi sage que le nôtre, surprendra peut-être plus, souvent on n’attendait pas qu’il répondît. Un homme, pour plaire, n’avait pas besoin d’être amoureux : dans des cas pressés, on le dispensait même d’être aimable. La première vue décidait une affaire, mais en même temps, il était rare que le lendemain la vît subsister; encore, en se quittant avec cette promptitude, ne prévenait-on pas toujours le dégoût. »

— Crébillon fils, Les égarements du cœur et de l’esprit (1736)

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Je suis dix-huitièmiste. Je pense qu’il n’y a pas de hasards dans la vie. S’imaginer que je suis une fille romantique est probablement la pire méprise (et la plus commune) que l’on puisse faire à mon sujet. Oui, je suis cérébrale. Mais j’en ai souvent tellement marre de tout ce verbiage inutile, de cette rhétorique de la séduction. Deux pas en avant, trois pas en arrière… Je ne supporte plus ces intellectuels de la crouze. Qu’on m’amène une bête. Voilà, c’est dit…

Bon, je précise quand même, ça reste au figuré hein! ;)

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres

Aujourd’hui, j’ai enfin eu l’annonce que j’attendais depuis 2 ans. J’ai reçu le jugement officiel de mon divorce. Enfin, je l’ai pas encore reçu vraiment, c’est mon avocate qui l’a reçu. On attend aussi toujours le certificat, mais ce n’est une question de jours. Bordel qu’il faut être patient dans la vie! Au moins, c’est terminé et ce n’est malheureusement pas trop tôt. Ça fait tellement longtemps que j’attends qu’il me semble que j’ai du mal à le croire. J’imagine que ça va se passer dans ma tête quand j’aurai le bout de papier entre les mains. Disons qu’il y aura au moins une bonne raison de fêter Noël et qu’on pourra vraiment avoir enfin le sentiment de repartir la nouvelle année sur une nouvelle base. Clean slate. Comme si j’étais toute neuve.

Il est peut-être encore un peu tôt pour faire un bilan de mon année 2007 (reste quand même un gros mois!), mais pour moi, reste que ça aura surtout été une année de transition, sur tous les plans possibles et imaginables. Vous avez pas idée à quel point je me sens impatiente d’entreprendre quelque chose de neuf…

Ah! et pour finir, je ne peux pas m’empêcher d’être cynique et désagréable. Nous les êtres du 21e siècle, on se prend tellement pour les dieux de la communication, avec internet, le courriel, le blackberry, le cellulaire et même ces trucs déjà archaïques que sont le télécopieur et le téléphone, et pourquoi pas même la simple lettre postale qui prend 4 à 6 jours. Ouin… Imaginez vous donc que ce jugement, que j’attendais depuis 2 ans comme si ma vie en dépendait a été rendu le 6 novembre dernier… Et je l’ai appris officiellement aujourd’hui, 26 novembre, vers l’heure du diner. Vous vous rendez compte que si on avait été au Moyen âge, un chevalier partant du palais de justice d’une (pas si lointaine) contrée de campagne, aurait mis à peine 1 jour et demi (gros maximum) à grand galop pour m’apporter la Bonne Nouvelle? Et que si l’on avait été dans l’Antiquité, 4-5 marathoniens auraient pu se relayer et faire la job en autant de jour? Non mais y’a vraiment des traditions de qualité et de savoir-faire qui se perdent là…

L

Je vous rassure tout de suite, le curé était complètement insensible à mon charme. Ça tombait plutôt bien, parce qu’il était pas vraiment mon genre non plus.

Y’a des moments où on se sent vraiment looser. Malgré toute ma bonne volonté, c’est quand même arrivé 3 fois en quelques heures.

Quand j’ai réalisé que même la (vénérable) grand-mère de ma belle-sœur s’est fait un nouveau chum plus vite que moi.

Quand la vénérable est venue me dire « Faque comme ça la petite aura pas de parrain? Ils ont le droit de faire ça?« 

Quand ma mère, n’a pu s’empêcher de souligner devant tout le monde que j’avais donc pas le tour de m’occuper d’un bébé.

Les Fêtes s’en viennent, ça va être le fun…

Yeah!, I Will Survive.

Trop c’est comme pas assez

Ça fait trois fois que je passe ma garde-robe en revue, on dirait que je trouve rien qui fitte à mon goût. Là, faut juste que je me calme. C’est pas comme si je cherchais quelque chose à me mettre pour séduire un homme, c’est peine perdue, je vais être la seule célibataire assise autour de la grande table demain soir… Et c’est pas non plus comme si j’avais des chances de scorer avec le curé, juste avant le souper, lors du baptême de ma filleule. On dirait que je réalise que ça fait un bail que je suis pas allée à l’église, tout comme ça fait un bail que je suis célibataire… Oui, je viens de surtout de réaliser que tout ce que je porte est soudainement trop décolleté…

Dans le style "Entendu à…"

Une conversation entendue quelque part cette semaine dans une file d’attente…

Fille : Tu savais la nouvelle pour X? Son chum l’a laissé!

Gars : Ah non, j’savais pas. J’trouvais qu’elle avait pas l’air bien aussi…

Fille : Elle prend vraiment ça dur, elle l’avait pas vu venir pantoute!

Gars : Je comprends pas comment on peut pas voir ça venir…

Fille : Ben, ça faisait 4 ans qu’ils essayaient d’avoir un bébé pis ça marchait pas…

Gars : C’est quand même triste!

Fille : Bof tant qu’à moi c’est pas une grosse perte, mais elle, elle est vraiment à ramasser avec la petite cuillère. Lui, il est allé rester chez son père en attendant. Après 3 jours il l’a appelé pour lui dire qu’il trouvait ça dur…

Gars : Il voulait revenir?

Fille : Non, il voulait récupérer son Playstation…

Dans un semblant de nuit (creepy jerk)

Ce soir, le temps était quand même bon pour la marche. La neige ralentissait les pas, mais le grésil avait cessé. L’air n’était pas trop froid, juste assez vivifiant. L’idée de l’hiver me rebute toujours un peu, mais il faut admettre que c’est beau. Sous la neige, le carré Saint-Louis était tout simplement féerique. La nuit rend les choses magiques. J’aime tellement marcher sous les étoiles. Je ne l’ai pas fait tant que ça depuis que je suis en ville (alors que je le faisait tous les soirs en campagne), mais ces journées qui raccourcissent me donnent un semblant de nuit, alors que je rentre du boulot à pied. Contrairement à mon habitude, là, je n’écoute pas de musique. On dirait qu’il y a des moments où le besoin de penser, de retourner les mots dans ma tête se fait tellement intense que le moindre son me dérange.

Depuis quelques rues, il y a un homme qui marche derrière moi mais je ne m’en suis pas préoccupée. Je suis ailleurs, dans mes pensées. Immobile, j’attendais le feu vert pour traverser la rue. Soudainement, il s’est plaqué contre mon dos et passant sa main par-dessus mon épaule, il a touché une mèche de mes cheveux. J’ai sursauté en bondissant à presque deux mètres de lui. J’aurais voulu hurler, mais pratiquement aucun son n’est sorti, c’est toujours comme ça quand j’ai vraiment la trouille. Avant de me retourner vers lui, j’ai eu le réflexe de me dire que ça devait être quelqu’un que je connaissais qui avait envie de rigoler à mes dépends. Non. Une chose pour moi incompréhensible. Là, sur le coin de la rue, un illustre inconnu, du genre le plus anodin qu’il soit possible d’imaginer, (genre bon monsieur, classe moyenne, âge moyen, propre de sa personne, rien à ajouter), rit tout seul de sa mauvaise blague. Et plus je le regarde d’un air furieux et plus il rit. Je me demande bien ce qui peut passer par la tête d’un type comme ça. Il s’est peut-être dit : Tiens, je vais terroriser une jeune femme ce soir, ça va être drôle. Non mais quel con.