Parce que c’est samedi et que vous avez mieux à faire que de lire ça

Il y a deux ans, pleine d’espoir, j’me suis demandée où je serais rendue dans un an. Un an plus tard, détestant la lenteur engluée, mais toujours les rêves pleins la tête, j’ai renouvelé la question. J’ai enfin changé les noms, les lieux, les chairs et le reste. Le temps passe, mais le vide prend trop de place. Je ne demande plus et quand, mais je demande pourquoi. Une part de moi reste sans réponse et l’autre part, que j’aimerais faire taire, elle se dit que forcément, c’est de ma faute.

Assise inconfortablement sur le rebord de la tablette, je les regarde passer. Deux par deux. Les beautés assorties, les laideurs comparables, les styles qui matchent, les contraires qui s’attirent, la fille moche main dans la main avec le gars cute (et vice versa), ou encore plus choquant, le bon gars avec la bitch finie (et vice versa).

Et je suis en train de devenir, lentement, tout ce que je ne voulais pas. Une (vieille) fille aigrie qui passe son samedi soir avec ses chats, son blog, des films sans histoires, des livres au hasard, sa bouteille de rouge et une chanson cruelle* qu’elle se dédie en riant pour mieux cacher sa peine.

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6 réflexions au sujet de « Parce que c’est samedi et que vous avez mieux à faire que de lire ça »

  1. Que de pensées tristes aujourd’hui.
    Je ne te connais pas. En fait, j’ai découvert ton blog par hasard dans une de mes nuits d’errance à la recherche d’un bout du Québec. Je travaille en France, à la suite d’une soudaine envie de dépaysement. J’y reviens depuis.
    Je te lis parce que je te trouve divertissante et intéressante.
    Si un type à l’autre bout de la planète peut trouver que tes mots et tes pensées sont intéressantes, c’est que tu dois l’être. Baudelaire disait qu’il suffit d’un lecteur pour faire apprécier une grande œuvre.
    J’ai une amie. Je la compte pour la plus belle fille du Québec. Jamais vu un gars ne pas se retourner sur son passage. Malgré cela, elle a cherché longtemps. Dans ses essais frénétiques, elle a ramassé tous les morrons d’apparence bien sur sa route. Un jour, elle a dit merdre et à 28 ans le type de sa vie la croisée.
    Parfois, dans la vie il faut arrêté de chercher pour mieux trouver. Je sais un cliché comme cela, ça sonne stupide. Mais j’ai découvert dans ma propre vie que les vieux adages renferment un fond de sagesse.
    Tu connais l’histoire de clés et du fantôme? Lorsqu’on cherche ses clés comme un fou, on ne les retrouve que lorsqu’on arrête de le chercher. Le fantôme les remet à sa place. :-)

    La vie on en fait ce que l’on veut. Quand on se dit pourquoi je suis ici au lieu d’être ailleurs, il suffit plutôt de se lever et de partir plutôt que de chercher une réponse inutiles. Quand on se dit pourquoi je ne trouve pas quelqu’un, c’est souvent qu’il suffit de se laisser trouver.
    C’est bien bête comme pensée. Mes les mecs intéressants se trouvent dans les clubs de plein air et/ou dans les endroits où tu aimerais te trouver. Qui sait peut-être que ton fantôme à cacher celui que tu attends
    Isssh c’est un roman ce commentaire!
    Quoiqu’il en soit, je peux t’épouser si tu es vraiment désespérer de finir vieille fille. Hihihi Pas sûr que tu cherches à ce point là! :-p

  2. Bizzare (je n’ose écrire « amusant ») comme nous autres filles sommes promptes à considérer que, forcément, c’est de notre faute…
    Ben non. Etre jolie, intelligente, et savoir mettre plein d’humour dans ses écrits, ça ne suffit pas toujours. La preuve. Cette foutue question du timing, et du coup de chance, gardent toute leur importance.
    Alors en attendant, faut peut-être apprendre à apprécier les verres de vin et les caresses de ses chats, parce qu’en soi c’est pas désagréable, et parce qu’on évite d’emmagasiner trop d’amertume…

  3. Je vous ai déjà conseillée, vous m’avez envoyée promener. Je récidive! ;o) Il est évident que seule chez vous avec un verre de rouge et vos chats n’est pas la place idéale pour rencontrer un mec. Au contraire du Guy de France (mais lui au moins vous offre du concret en vous demandant de l’épouser, j’avoue!), je pense qu’il ne suffit pas de se laisser trouver, les beaux jeunes hommes qui viennent vous emprunter du sucre et tombent éperdument de vous, ça n’arrive que dans les films. Sortez! Bougez! Faites du bénévolat. Pas nécessairement dans le but unique de vous trouver un mec, mais au moins dans celui de vous sortir de cette mélancolie déprimante.

    Tant qu’aux sites de rencontre, où il y a quatre hommes pour une femme dans votre groupe d’âge, vous m’avez déjà dit que vous ne vouliez pas vous y inscrire.

  4. @une femme libre
    Mon commentaire ce n’était pas bêtement de rester à la maison et de ne rien faire.
    Je trouve juste que d’avoir un appart, du vin et des chats c’est un bon début.
    Par contre, lorsqu’on veut trouver quelqu’un être « libre », c’est ce qu’il y a de plus attirant. Ne pas chercher, c’est être disponible pour être trouvé. Parce qu’en mode recherche on est fixé sur quelque chose, on ne remarque pas ce qui nous entoure.
    Pour être amoureux, je vais cité un poète:
    Prévert
    Je suis allé au marché aux oiseaux
    Et j’ai acheté des oiseaux
    Pour toi
    Mon amour
    Je suis allé au marché aux fleurs
    Et j’ai acheté des fleurs
    Pour toi
    Mon amour
    Je suis allé au marché à la ferraille
    Et j’ai acheté des chaînes
    De lourdes chaînes
    Pour toi
    Mon amour
    Et je suis allé au marché aux esclaves
    Et je t’ai cherchée
    Mais je ne t’ai pas trouvée
    Mon amour

    C’est drôle, je n’ai pas relu de poésie depuis le cegep, 7 ans…

  5. Y’a de ces messages qu’on écrit un soir et qu’on pense pouvoir effacer en douce un lendemain matin… et puis finalement on les laisse parce qu’ils ont croisés d’autres chemins.@Guy : j’aimerais pouvoir dire deux mots à ce fantôme ;) Merci pour le poème, et pour la grande demande! (Attention!!! je pourrais être très tentée par l’aventure parisienne :P )@Nina : Oui, on rapporte souvent tout à soi, alors que les causes extérieures nous dépassent. @femme libre : J’ai été si dure que ça? Désolée, je n’ai pas changé d’opinion sur les sites de rencontre, un jour je vous raconterai peut-être une histoire à ce sujet… Mais là, il ne faut pas croire que je suis cloîtrée dans mon appartement, un samedi soir n’est pas coutume!

  6. Sans la grande demande, la aventure parisienne je vous la souhaite. C’est fantastique. J’ai l’impression d’avoir rajeuni de 10 ans.
    Je m’amuse comme lorsque j’étais à l’univerité, mais avec un bon salaire en plus.
    Le fantôme: écrivez vos invectives sur un bout de papier que vous laisserez traîner (il viendra le voler), snobé le un peu et il va peut-être partir.
    Le poème: j’adore Prévert merci de me l’avoir fait redécouvrir avec votre texte.
    Continuer à écrire, c’est tout ce que je demande. Par une journée pluvieuse, froide et en pleine grève du métro, ce bout du Québec est intéressant à voir.
    Ciao

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