Sur la mécanique du plaisir

Quand on dit que le chaud n’est que le mouvement de quelques globules et la lumière, le conatus recedendi que nous sentons, cela nous étonne. Quoi! que le plaisir ne soit autre chose que le ballet des esprits! Nous en avons conçu une si différente idée et ces sentiments-là nous semblent si éloignés de ces autres que nous disons être les mêmes que ceux que nous leur comparons. Le sentiment du feu, cette chaleur qui nous affecte d’une manière tout autre que l’attouchement, la réception du son et de la lumière, tout cela nous semble mystérieux. Et cependant cela est grossier comme un coup de pierre. Il est vrai que la petitesse des esprits qui entrent dans les pores touchent d’autres nerfs, mais ce sont toujours des nerfs touchés.

Pascal, Pensées, fragment nº580 (éd. Le Guern)
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