Mes hommes de 2007 [l’heure du bilan]

Il y a eu celui qui voulait se la jouer cool, c’était trop tiède pour moi.

Il y a eu l’insaisissable, toujours en train de parler de ce qu’il fait, jamais de ce qu’il est.

Il y a ceux (trop nombreux) qui veulent à tout prix impressionner avec l’argent.

Il y a celui dont j’ai piqué la curiosité, mais juste un peu trop tard.

Il y a eu celui qui m’a dit que je pourrais faire fortune avec les téléphones roses (!).

Il y a eu l’insistant, intense, qui m’appelait trop (non, c’est pas le même).

Et il y a le fuyant, volage, qui n’appelle jamais.

Il y a celui à qui je plais, mais qui ne me plait pas,

Celui qui dit que je lui plais, mais je ne le crois pas,

Et celui à qui je ne plais pas, mais oui, lui, il me plait plaisait.

Il y a le seul qui peut m’appeler cochonne sans que je me fâche.

Il y a celui qui a menti.

Celui qui cherchait une bouée de secours.

Celui qui m’a pris dans ses bras, en pensant à une autre.

Celui qui n’a besoin de personne.

Celui dont je pensais être l’amie.

Celui qui aime savoir que j’ai encore envie de lui.

Celui dont je ne croise jamais la route,

Celui qui est là où je ne l’attendais plus,

Ou qui me fait attendre alors qu’il devrait être là,

Et tous ceux qui m’ont dit : Prend soin de toi.

Il y a eu le trop jeune,

Le trop vieux,

Le trop d’enfants,

Le trop loin,

Le marié,

Le zéro affinités.

Il y en a même eu un qui a poussé l’audace jusqu’à embrasser ma botte dans un lieu public.

J’en demandais pas tant… mais j’en demandais plus.

Sur l’air de …

La vie est trop injuste [discussion mère-fille]

Parce que ça faisait longtemps que j’avais pas parlé de mes seins…


V
: Mer-de! Faudrait que je fasse rapetisser un peu ma robe, ça a pas d’allure, le buste est bien trop grand… J’comprends rien là dedans, c’est une medium, et on dirait que c’est fait pour fitter des double D, c’est pas proportionnel! Coup donc est-ce que je suis la seule fille sur la terre qui porte encore du B?

Maman : Tu l’avais pas essayé?

V : j’étais pressée, j’ai fait ça vite… (énervée) Merde, ça marche pas, j’pourrai pas la mettre, là.

Maman : Ben voyons, panique pas! ça te prendrait juste un soutien-gorge paddé.

V : Ben… c’est que j’ai déjà un soutien-gorge paddé, là!

Maman : Ouin… Y’a juste une autre solution…

V : Sillicone? Ben j’ai pas vendu la maison assez cher pour ça…

Maman : Bon ben t’as raison, j’pense qu’il faut rapetisser la robe…

V : Bordel, toujours les mêmes qui ont la vie facile!

Maman : Euh… J’peux l’essayer? J’pense qu’elle m’irait bien!

V : Commence pas!!!

To love or not to love…

To love is to suffer. To avoid suffering, one must not love. But, then one suffers from not loving. Therefore, to love is to suffer, not to love is to suffer, to suffer is to suffer. To be happy is to love, to be happy, then, is to suffer, but suffering makes one unhappy, therefore, to be unhappy one must love, or love to suffer, or suffer from too much happiness — I hope you’re getting this down.

— Woody Allen, Love and Death

Turn off

Hier après le resto, je suis allée prendre un verre dans un bar avec une copine. Beaucoup de monde (mais faut dire que la place est petite). On a dû attendre un peu avant d’avoir une table de libre (fallait oublier le zinc). Finalement, un couple, plus occupé à faire du making out qu’à boire de l’alcool nous a laissé leur place. J’ai pris la banquette, question de pouvoir avoir l’œil sur le plus beau barman de la ville. Quelques minutes plus tard, mon regard a cependant été attiré vers le gars qui me faisait face, à la table voisine.

Pas nécessairement mon genre à priori, mais cute. Il avait une façon de me regarder, jamais bien longtemps, mais comment dire… intensément. Un regard qui transperce. Je lui ai souri à quelques reprises. Je ne pouvais pas rester bien longtemps, ma copine devait rentrer retrouver son homme (à plus d’une heure de route). Puis l’idée m’a traversé de lui dire à l’oreille, qu’il avait des yeux magnifiques. Oui, c’est ce que j’avais décidé de faire, juste avant de quitter les lieux, pour que ça ne soit pas trop compromettant. Puis, j’ai tendu l’oreille, pendant qu’il racontait une anecdote à ses copains. L’anecdote m’a turné off au dernier degré. Ça doit être une overdose à toutes ces discussions du temps des Fêtes avec lesquelles je me sens autant à ma place qu’un chien dans un jeu de quilles. Alors j’ai mis mon manteau et je suis partie sans échanger un autre sourire, sans lui dire que son regard m’avait plu l’espace d’un instant. Mes désirs sont bien éphémères… parfois…

Non, mais je suis pas encore rendue à crouzer les pères de familles…

Le retour

Enfin rentrée à Montréal. Décharger l’auto a été long puisque le Père Noël a été généreux cette année. J’ai pratiquement pas dormi depuis plusieurs jours, je suis cernée jusqu’au menton, pas maquillée, les cheveux, bof, j’ai vite compris l’utilité de mon nouveau chapeau… J’étais en train de sortir un des derniers paquets de l’auto lorsque le plus magnifique de mes 3 superbes voisins est sorti. Évidement, celui là, je le vois toujours quand je suis dans le pire de tous les états. Le chapeau bien descendu jusque sur les yeux, je fixe les marches de mon escalier, alors qu’il descend le sien. Il ne pourrait pas m’ignorer? Juste cette fois-ci? Exactement comme il ferait si j’avais eu envie qu’il me voit? Ben non, il est là à m’observer trimballer ce sac qui pèse une tonne, et que je relève contre mon visage, juste à temps pour éviter le signe de tête et le sourire qui me fait ferait flancher à n’importe quel autre moment. Est-ce que je viens vraiment de le snober? Yeah! (Argh!), Championne du monde, va…

Noël 2

J’ai vu ma grand-mère, 88 ans, la dernière qui me reste. Ça m’a donné un choc. Depuis un an la maladie (Alzheimer) a progressé. Elle était dans une bonne journée par contre. Juste un peu perdue dans ses souvenirs. On l’écoute et on ne la contredit pas, tant qu’elle est bien dans sa bulle. Elle racontait donc avoir été à la messe du matin et qu’ensuite, le curé l’avait invité au presbytère pour prendre un petit verre de rouge, que ça allait être bon pour sa grippe. Quand on lui a demandé à quelle paroisse c’était, elle a répondu Amos, machinalement, d’un ton qui voulait dire « ben vous êtes ben niaiseux de me demander ça, c’est évident non? » Elle n’est pas retournée là-bas depuis le début des années 60, quand la famille s’est installée là où je suis née bien des années plus tard. Ensuite, quand on lui a demandé quelle sorte de liqueur elle voulait pour boire, elle a répondu avec un drôle de petit sourire en coin, « j’prendrais bien un autre petit verre de rouge« , sous le regard surpris de ma mère et de mes tantes qui ne l’ont jamais vu de leur vie prendre une seule goutte d’alcool… J’ai soudainement eu l’intuition qu’il y a peut-être bien des choses que ma mère et mes tantes ignorent à propos de la vie de ma grand-mère…

Et je serais bien curieuse de voir la tête qu’avait le curé d’Amos dans les années cinquante…

Noël 1

3 journées bien remplies et vraiment pas beaucoup d’heures de sommeil. Beaucoup de plaisir au réveillon chez ma tante, je ne me souvenais pas d’avoir autant ri depuis des mois, j’en ai eu mal aux côtes et aux mâchoires. C’est vraiment incroyable toutes les histoires (vécues) qui se racontent autour de cette table. Un cousin a raconté une connerie qu’il a faite, tellement drôle que je vais en avoir pour des semaines à rire aux larmes juste en y repensant. Désolée, c’est pas vraiment un truc racontable ici… mais si dans les semaines à venir, vous croisez une folle qui rit toute seule pour rien, c’est probablement moi qui repense à cette anecdote…