Party de bureau (romance platonique)

Je me souviens encore de la première fois que je l’ai vu. J’étais entrée dans l’ascenseur (oui, si vous saviez le nombre de moments-clé de ma vie qui ont eu lieu dans des ascenseurs…), le nez dans ma pile de papiers sans porter attention à la personne qui était déjà là. J’entends sa voix me dire bonjour, je lève les yeux vers lui et tout ce que mon cerveau arrive à faire après avoir articulé une réponse à peine audible, c’est de se dire whooaaaaahhhhh, c’est qui ça!!!!!!! J’ai vu qu’il portait à la taille la petite carte temporaire des nouveaux employés. C’est quand même une grosse boîte et mon département n’est pas lié au sien, ce qui ne facilite pas les contacts, d’autant plus que nos horaires sont différents.

À l’époque, c’était vraiment pas le bon moment dans ma vie. Je venais à peine d’entamer le processus de séparation et je ne me sentais pas la force (ou la faiblesse) d’imposer cela à quelqu’un. N’empêche qu’à chaque fois que je croisais son regard, je sentais qu’il se passait quelque chose. Quelques semaines plus tard, c’était le party de Noël. Les gens commençaient à se réunir en petits groupes, verre à la main. Il était là, tellement beau. C’était la première fois que je le voyais avec une barbe. J’avais toujours eu horreur de ça, la barbe. Je sais pas pourquoi, mais depuis ce jour, je trouve ça absolument charmant. J’ai même un faible pour ça (bon, ok, je précise, tant qu’elle est courte et soignée). Mais revenons au sujet…

Du coin de l’œil, je l’avais donc repéré, à l’autre bout de la salle. Quelques minutes plus tard, alors que le grand chef de la boîte prend le micro et s’apprête à prononcer son fameux discours annuel, les gens se rassemblent en cercle autour de lui. Je n’ai pu m’empêcher de remarquer que l’objet de mon désir est (curieusement) parti de l’autre extrémité de la salle pour venir se placer juste à côté de moi. Son bras gauche frôle mon épaule droite. Ne me demandez pas un seul mot prononcé lors de ce discours, je n’entendais que le son de mon cœur qui battait la chamade et j’essayais de tenir mon verre sans avoir le shake. Un de ces moments électriques. Lorsque le discours s’est terminé on a à peine eu le temps d’échanger un sourire, la musique est partie à plein volume et un de ses collègues s’est chargé de le ramener vers son groupe. J’ai retrouvé mon cercle habituel. Un peu plus tard dans la soirée, ma collègue (oui, l’ésotérique) est venue me parler.

Elle : V, je pense que je viens de te trouver un nouveau chum!
Moi (innocente) : Veux-tu ben m’dire de quoi tu parles?
Elle : Ben tantôt, pendant le discours, y’avait un des p’tits nouveaux du département X à côté de toi, je vous regardais côte à côte pis j’en revenais pas de voir à quel point ça cliquait, regarde, c’est lui là bas avec la barbe, il a vraiment l’air du gars parfait juste pour toi! Ça cliquait j’te dis!
Moi (toujours innocente): [!!!] T’es déjà saoûle?!?

Tout au long de cette soirée, à chaque fois que je regardais vers lui, mes yeux surprenaient son regard posé sur moi. J’ai même appris qu’il s’était alors informé sur moi. Bon, comme je l’ai dit plus haut, c’était pas le bon timing. Il y a bien eu par la suite quelques tentatives de part et d’autres, mais à chaque fois, des obstacles se sont pointés et j’ai toujours pensé que dans ce domaine là, ça ne servait à rien de forcer les choses. Mauvais timing d’un côté, puis de l’autre, et finalement, le moment est passé depuis longtemps déjà. N’empêche que je garde un beau souvenir de cette romance toute platonique. Croiser l’étincelle dans son regard, échanger les sourires et les phrases banales avec le frémissement au ventre m’a aidé à traverser l’année la plus difficile de ma vie, c’est déjà beaucoup.

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5 réflexions au sujet de « Party de bureau (romance platonique) »

  1. Tu as jamais entendu parlé de la relance ??? A ta place, je l’inviterais dans un musée, à la patinoire du lac des castor ou a faire de la raquette…

    Les ocassions ne sont jamais réellement perdu.

    Qu’as-tu à perdre? des points d’orgueil…. C’est comme les pesos, ça ne vaut pas grand chose hihihi

  2. Que dire sinon que les saisons ont passés, que le bon timing s’est jamais présenté et que les papillons sont partis voir ailleurs…

    Mais t’as quand même raison sur un point, j’ai bien trop d’orgueil pour relancer plus d’une fois.

  3. « Croiser l’étincelle dans son regard, échanger les sourires et les phrases banales avec le frémissement au ventre m’a aidé à traverser l’année la plus difficile de ma vie, c’est déjà beaucoup. »

    Peut-être qu’au cours de notre vie, nous somme tous le « baume au coeur » de quelqu’un !?
    Et à mon avis, l’essentiel est de reconnaitre, comme tu le fais, que cette personne à eu sa raison d’être dans ta vie…

    Très joli texte :)

  4. C’est vrai que c’était un jolie texte, c’est pour cela que je me disais si l’histoire est belle aussi bien essayer de si lancer. Comme le roman l’histoire sans fin.

  5. J’ai eu une passe très semblable à la tienne il y a quelques années. J’ai rencontré une fille avec qui les flammèches et les étincelles volaient dans tous les sens, mais ça n’est jamais allé plus loin que les regards complices faute de timing.

    N’empêche que ça m’avait donné l’espoir qu’il y avait encore des gens (filles) autour et des personnes avec qui ça pouvait être potentiellement génial. Je l’ai même remerciée plus tard pour ça…

    Bref, ton texte m’a fait revivre de beaux/durs moments que je vivraient à nouveau si je devais le faire. Merci.

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