Don’t sell yourself short

Inspiré par un billet lu chez Tchendoh

Au début du célibat, tu reçois toujours les encouragements d’usage. Prend le temps de voir clair. Prend le temps de t’installer dans ta nouvelle vie. T’as jamais vécu seule, profites-en un peu.  Sois pas trop pressée de rencontrer.

Puis les mois passent. J’ai mis du temps à avoir la tête à ça, à me sentir disposée à rencontrer quelqu’un, sérieusement. Parfois, je ne suis même pas encore tout à fait sûre que je suis vraiment rendue là. J’étais en couple depuis l’âge de 17 ans, j’avais besoin d’un break pour me retrouver. Et je pense pas être plus anormale qu’une autre, bien au contraire. J’ai pas envie de me mettre de la pression, y’a bien assez de l’horloge (on gardera ce sujet là pour une autre fois). Donc je disais, au début, tu reçois les encouragements. Puis, peu à peu, ça se transforme. Tu réalises alors qu’ils disaient ça comme ça, pour être gentil, mais que dans le fond, ils pensaient pas que ça serait si long. Ils comprennent pas pourquoi c’est si long. Et là, passé un certain nombre de mois, ils en ont la conviction. Il faut qu’il y ait un problème. C’est forcé.

Alors y’a la pression de l’entourage qui commence. On les sent anxieux, alors que nous, souvent, on s’accommode plutôt bien de la situation malgré tout. Ils espionnent chaque sourire plus prononcé qu’un autre, analysent chaque phrase, chaque nom mentionné. Au début, ils essaient discrètement de te tirer les vers du nez. Après un temps, ils ne demandent plus : « Quoi de neuf? » Ils demandent : « Pis, as-tu rencontré quelqu’un? » Ils suivent ta vie comme un roman feuilleton. À vrai dire, ça m’amuse un peu (forcément, puisque j’ai un blog). Alors j’en rajoute. Je leur laisse même des messages vagues leur disant que j’ai une bonne nouvelle à leur apprendre. Vous devriez voir leurs yeux qui brillent, ou encore entendre l’intonation que prend leur voix au téléphone. C’est fou, à croire qu’ils ont plus hâte que moi…

Puis, y’a ceux pour qui on dirait que ta valeur baisse à chaque mois de célibat de plus que t’enfiles, comme si t’étais une action en chute libre à la bourse. L’amie qui t’avait confié qu’elle s’ouvrirait les veines avant de s’inscrire à une agence de rencontre en ligne te laisse maintenant entendre que : « tsé, c’est finalement peut-être pas si pire que ça ». Celle à qui tu confies que t’as pas d’affinités ni d’atomes crochus avec le dernier blogueur que t’as eu envie de rencontrer te laisse entendre que t’es peut-être rendue trop difficile! (merde, c’est quand même la base non?). Puis, t’as aussi celle qui se propose de te matcher avec un tel, toujours délicat, ça. Plus souvent qu’autrement, tout ce que ça donne, c’est que tu fini par te dire : « Non mais je peux pas croire qu’elle a sérieusement pensé que je pourrais former un couple avec un tel ». Et du coup, tu vois plus ton amitié du même œil.

Et quand tu regardes autour de toi, tu vois tellement, mais tellement de couples qui sont ensemble pour les mauvaises raisons. Quand ils parlent de celui ou celle avec qui ils ont choisi de vivre, on sent trop souvent qu’ils ne s’aiment plus depuis longtemps. Parfois, ils sont devenus plus des amis que des amoureux. Et c’est encore une chance, parce que d’autres fois, on se rend compte que même le respect (si c’est pas la base de la base, ça?) de l’un envers l’autre a pris le bord. Ils font leur petites affaires chacun de leur côté, mais ils continuent de se faire croire qu’ils sont un couple. Parce que ça leur semble plus facile socialement, financièrement. Parce qu’ils ont l’impression que le mieux qui pourrait leur arriver, ça serait de changer 4 trente sous pour une piastre. Pour pas être seul, surtout. Comme si c’était si terrible que ça. Le plus drôle, c’est que je me sens pas mal moins seule maintenant que lorsque j’étais malheureuse en couple. Ça sonne cliché de dire qu’il n’y a rien de pire que d’être seul à deux, mais c’est vrai.

Alors pourquoi je suis encore seule, si je suis si extraordinaire que ça? Je pourrais dire que c’est parce que les candidats intéressants ne sont pas légion. Parce que je préfère encore aimer ce que je ne peux pas avoir que d’avoir ce que je ne peux pas aimer. Parce que je travaille dans un milieu à forte majorité féminine qui ne facilite pas tant les nouvelles rencontres. Parce que je n’ai pas l’intention d’écumer les bars. Parce que j’ai pas envie de rencontrer 22 candidats réseau-contact à raison de un par semaine avant de finir, découragée, par me contenter du plusse-moins-pire…

Mais finalement, si je suis encore seule, c’est simplement parce que je ne suis pas amoureuse. Et là-dessus, il n’y a pas de concession possible.

Lost your cat? Try looking under my tires…

Tu réalises que t’es sur l’autoroute à 200km/heure direction Vieille-Fille quand au lieu de passer ton 5@7 dans un bar branché infesté de jeunes mâles en rut, tu t’installes plutôt paisiblement avec une copine dans un chic salon de thé où il n’y a qu’un vieux matou égaré. Il a pas eu le temps de souffrir.

Amans coamantis solatiis satiari non potest

« J’ai envie de vous écrire, mais je n’ai rien à vous dire »
— Voltaire

Non, en fait, c’est pas ça. C’est juste que je suis habituée, depuis maintenant plus d’un an, à écrire ici sans trop me poser de questions. Et puis maintenant, les questions commencent à se poser. Nah, je suis pas en train de vous faire le coup du blog qui va peut-être fermer. J’ai juste moins envie de parler de moi. Mais on parle toujours de soi, même quand on n’en parle pas. Ça peut pas faire autrement. Autant assumer.

Comme ce soir, j’avais envie de vous parler de mon impatience générale qui me gâche l’existence. Et c’est con, parce que tous ceux qui me connaissent croient que je suis un ange de patience. Et pourtant c’est bien les mouvements d’impatience qui ont toujours causé les longues périodes d’attente que j’ai connu. C’est le paradoxe, plus on s’impatiente, plus on doit attendre. Comme le félin qui attaque trop rapidement sa proie et qui fini par faiblir, le ventre vide (ouais, une putain de métaphore sur la chasse!).

Et puis ça m’ennuie profondément, cette image de fille célibataire qui se lamente sur sa condition. Je suis pas à plaindre. Je suis plutôt bien avec ça, même si comme on dit, je ne cracherais pas dans la soupe. J’aime mon travail, j’ai plusieurs passions, je trouve toujours moyen de ne pas trop m’emmerder. Ça m’arrive d’avoir froid dans mon lit, mais jamais autant que lorsqu’il y a quelqu’un qui ne me convient pas. Je préfère encore ajouter une couverture de laine que de m’empêtrer d’un corps trop tiède qui me glace en dedans.

Aujourd’hui, j’ai croisé une connaissance que je n’avais pas vue depuis quelques mois. Elle m’a dit qu’elle me trouvait particulièrement belle et que j’avais dans l’œil l’étincelle de la fille amoureuse. Elle ne pouvait pas être plus loin de la réalité. Mais est-ce qu’il faut nécessairement être en amour pour rayonner? Parce que jusqu’ici, l’amour, il a plutôt eu tendance à me couper les ailes. Je suis tellement habituée à mon ventre vide qu’il en est devenu confortable. Être rassasiée, est-ce que ça signifierait le début de la fin??? Et c’est ici que le latin prend tout son sens.

Prise d’otage [discussion mère-fille]

Maman : Alors tu viens pour le souper de famille samedi soir?

Mlle V : Je voudrais bien, mais c’est que la voiture est encore prise en otage dans la ruelle, je sais pas encore si je vais pouvoir la sortir de là.

Maman : Ouin j’avais pensé à ce problème là alors j’ai déjà parlé avec ton frère et il pourrait te descendre à [ville natale de Mlle V] vendredi soir après son travail.

Mlle V : Euhhh… Mais c’est pas samedi soir là ton souper???

Maman : Oui Oui, mais là, tu m’avais dit que tu faisais rien de spécial en fin de semaine…

Mlle V : Hum… [ça c’est juste parce que c’était le meilleur moyen de ne pas me faire poser de questions indiscrètes… t’es bien avancée là, championne]

Maman : Faque tu coucherais à la maison samedi soir aussi, et dimanche on irait te reconduire en fin d’après-midi*.

Mlle V : Hum-mmm [ok, alors y’a pas juste ma voiture qui va être en otage…], ouin, je sais pas, en tout cas, je vais regarder ce que je peux faire pour dégager l’auto pendant la journée de vendredi et on se rappelle…

*Connaissant ma mère, ça va se transformer en après le souper

Ok, j’avais rien contre le souper de famille du samedi, même que ça me tentait, mais là, un souper qui se transforme en presque 3 jours sans qu’on me demande mon avis?!?

…Si j’avais besoin d’une motivation pour pelleter, je pense que je viens de la trouver.

*****EDIT*****

J’ai réussi à planter 3 coups de pelle. En gros, y’a une ceinture d’une hauteur de 3 à 4 pieds de glace autour de mon carrosse et mes pelles de plastique font pas le poids. Pendant ce temps là, évidemment, mon superbe voisin, chevauchant son jeep comme un étalon noir surmontant les pires avaries de mère nature, m’a fait un sourire magnifique en passant à deux pouces de moi et de l’otage en question…

Ensuite, j’ai eu mon père au téléphone. Lui aussi il sait organiser les choses pour sa fille. Comme une séance de pelletage intense avec pelles d’acier pour demain matin. Nous vaincrons!
My heart belongs to daddy…

Ça doit être le printemps [ou la robe rouge]

Les conducteurs mâles ont recommencés à se dévisser le cou : ça doit être le printemps

Mes contacts msn, même ceux qui étaient inactifs pendant plusieurs mois se manifestent tous en même temps : ça doit être le printemps

Une ancienne flamme m’envoie un sms peu subtil : ça doit être le printemps

Je reçois plus de eye-contact et de sourires en 5 min de marche qu’en 3 mois d’hiver : ça doit être le printemps

Les hommes s’empressent pour me tenir la porte ouverte (et même les portes qui n’ont pas vraiment besoin d’être retenues pour rester ouvertes) : ça doit être le printemps

En allant chercher un chocolat chaud au petit café d’en face à la pause du matin, une femme dans la soixantaine avancée (qui a manifestement sa médication joyeusement déréglée) m’a dit avec un enthousiasme complètement débridé : « Mademoiselle, vous avez la poitrine toute blanche et ronde comme de la bonne mie de pain… » Euh!?!… (elle confond sûrement avec mes fesses) Ça doit être le printemps

Le garçon du café m’a filé mon chocolat chaud gratis en douce : ça doit être le printemps

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Les garçons accoudés à la balustrade du 2e étage regardent dans les décoltés des filles qui marchent à l’étage d’en dessous (et ils pensent qu’on ne s’en doute pas) : ça doit être le printemps

Et surtout :

Les bébés zanimaux sont de retour au complexe Desjardins : ça doit être le printemps

Anticipation [discussion de filles]

V : Je pense que c’est la première fois qu’un gars me fait autant d’effet juste avec sa voix. Je sais pas ce qui m’arrive, à chaque fois que je l’entends, ça me fait le petit frisson en arrière de la nuque. Pourtant il est pas mon genre.

P : Ah oui, une belle voix grave… justement c’est drôle que tu me dises ça parce que quand on s’est vu hier, j’ai pensé que si je lui avais parlé au téléphone avant de le connaître, j’en aurais fantasmé pendant des jours…. et des nuits… Moi je le trouve un peu jeune, mais il est cute…

V : Il a des beaux traits, rien d’irrécupérable, mais je pense que je peux pas m’imaginer avec un gars comme lui. Moi et le look Greenpeace, m’semble que ça fitte pas ensemble. Ouin, il est jeune… Mais je suis sûre qu’il va faire comme le bon vin…

P : Et on aime ça le bon vin…
V : Ouin, c’est juste plate de laisser une bonne bouteille à la cave.