Amans coamantis solatiis satiari non potest

« J’ai envie de vous écrire, mais je n’ai rien à vous dire »
— Voltaire

Non, en fait, c’est pas ça. C’est juste que je suis habituée, depuis maintenant plus d’un an, à écrire ici sans trop me poser de questions. Et puis maintenant, les questions commencent à se poser. Nah, je suis pas en train de vous faire le coup du blog qui va peut-être fermer. J’ai juste moins envie de parler de moi. Mais on parle toujours de soi, même quand on n’en parle pas. Ça peut pas faire autrement. Autant assumer.

Comme ce soir, j’avais envie de vous parler de mon impatience générale qui me gâche l’existence. Et c’est con, parce que tous ceux qui me connaissent croient que je suis un ange de patience. Et pourtant c’est bien les mouvements d’impatience qui ont toujours causé les longues périodes d’attente que j’ai connu. C’est le paradoxe, plus on s’impatiente, plus on doit attendre. Comme le félin qui attaque trop rapidement sa proie et qui fini par faiblir, le ventre vide (ouais, une putain de métaphore sur la chasse!).

Et puis ça m’ennuie profondément, cette image de fille célibataire qui se lamente sur sa condition. Je suis pas à plaindre. Je suis plutôt bien avec ça, même si comme on dit, je ne cracherais pas dans la soupe. J’aime mon travail, j’ai plusieurs passions, je trouve toujours moyen de ne pas trop m’emmerder. Ça m’arrive d’avoir froid dans mon lit, mais jamais autant que lorsqu’il y a quelqu’un qui ne me convient pas. Je préfère encore ajouter une couverture de laine que de m’empêtrer d’un corps trop tiède qui me glace en dedans.

Aujourd’hui, j’ai croisé une connaissance que je n’avais pas vue depuis quelques mois. Elle m’a dit qu’elle me trouvait particulièrement belle et que j’avais dans l’œil l’étincelle de la fille amoureuse. Elle ne pouvait pas être plus loin de la réalité. Mais est-ce qu’il faut nécessairement être en amour pour rayonner? Parce que jusqu’ici, l’amour, il a plutôt eu tendance à me couper les ailes. Je suis tellement habituée à mon ventre vide qu’il en est devenu confortable. Être rassasiée, est-ce que ça signifierait le début de la fin??? Et c’est ici que le latin prend tout son sens.

Publicités

7 réflexions au sujet de « Amans coamantis solatiis satiari non potest »

  1. Salut, Mlle V… je suis arrive ici pour te lire, apres une recherche proustienne j’ai trouve ton demeure. Les paradoxes que tu racontes sont trop evidentes pour les tourner la tete. Il faut, parfois, s’interroguer, se demander s’il est necessaire… Tu sais: ranger la maison, regarder autour. Mais il fait bien ce question pour continuer a la chasse -une autrefois la chasse- de notre propre visage.
    Une seule mot avant de finir: ecris! tu dois ecrire encore plus pour nous retrouver dans la page.
    A bientot.

  2. Oui mais… Être rassasié, c’est aussi être blasé, fatigué.

    Et par expérience, je sais que les personnes rassasiées sont celles qui attaquent l’assiette avec la plus grande férocité dès qu’elles retrouvent l’appétit.

  3. « Ça m’arrive d’avoir froid dans mon lit, mais jamais autant que lorsqu’il y a quelqu’un qui ne me convient pas. Je préfère encore ajouter une couverture de laine que de m’empêtrer d’un corps trop tiède qui me glace en dedans. »
    Que c’est bien dit ! Vraiment…

  4. Je crois que l’amour apporte cette étincelle, mais tous les genres d’amour qui existent..on peut vivre sans « le grand amour » comme on dit…mais on peut rayonner sans celui-ci c’est certain. L’amour c’est plus que ça…c’est aussi l’amour pour les petites choses de la vie et bien d’autres :)

  5. Plein de gens en beurrent épais pour dire qu’ils sont biens tout seul et qu’ils ont pas besoin d’être en couple pour être bien et bla bla bla…

    Reste que t’es celle qui me convainc le plus.

  6. @maykel: ça me fait penser à cette petite phrase que j’avais noté quelque part : « L’amour est essentiel parce qu’il n’est pas nécessaire ». Merci pour ton petit mot.

    @Benoît : encore faut-il trouver l’assiette qui nous fait vraiment envie, d’où la 27e règle de l’amour courtois.

    @bpco : Merci! Dit donc, en cliquant par chez toi, je suis tombée sur la photo d’Ephrème, qui ma foi, a tout pour me faire retrouver l’appétit! ;)

    @papillonbleu : bien sûr, en fait ce qui me tanne par contre, c’est de voir les gens autour qui mesurent mes humeurs et associent chaque sourire à l’état amoureux!

    @tchendoh : ouais, je sais, j’excite pas ta pitié :P

  7. lol ! Et bien, qu’à cela ne tienne, Éphrème est encore disponible ;)
    Moi j’dis, tente le coup :)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s