Parc Lafontaine [poésie urbaine]

J’avais décidé de couper par le parc Lafontaine, me disant naïvement que la vue serait plus bucolique. J’exagère un peu, on est loin de la pastorale, mais quand même, il y avait de beaux jeunes hommes qui jouaient au volley-ball, torse nu, sous la pluie. Ça m’a rappellé (entre autres choses) que je haïssais tellement ce sport au secondaire. Mes avant-bras se souviennent encore des bleus infligés. Moi, je préférais le basket, ce qui n’est pas une super option quand on ne mesure que 5 pieds 2 pouces.

Un cycliste rasta un peu bizarre est passé près de moi en marmonnant. Des fêtards vêtus de bleu et de blanc pris au dépourvu par l’averse étaient rassemblés sous les arbres. Trois filles et deux garçons, visiblement imbibés par l’alcool chantaient des hymnes patriotiques douteux d’une manière peu convaincante, on n’a pu s’empêcher de sourire. Un de leurs comparses était en train de vomir son trop-plein derrière un arbre.

Près du Théâtre de Verdure, des familles ont vu leur pique-nique gâché par la pluie, de plus en plus forte. Les amoureux, eux, se contentaient de l’eau fraîche. Il y avait les pousseurs de carrosses qui surveillaient attentivement le fruit de leurs entrailles, les joueurs de frisbee qui voulaient se faire voir et le promeneur de chiens qui a sourit timidement à la promeneuse solitaire. N’oublions pas, pour compléter le tableau, l’écureuil qui quémandait les cacahuètes au vieillard assis tout seul sur son banc.

Alors que j’étais sur le point de regagner la rue Rachel, j’ai recroisé à nouveau le cycliste. À peine caché derrière l’abreuvoir, tenant son vélo d’une main, il se masturbait de l’autre en prenant bien soin que je puisse voir son long sexe un peu flasque, du sentier où je me trouvais. Il était 17h, le soleil réapparaissait doucement d’entre les nuages.

Publicités

3 réflexions au sujet de « Parc Lafontaine [poésie urbaine] »

  1. Au moins vous avez pu vérifier les rumeurs sur la taille des bizounes des noirs. :o)

    C’est arrivé a une voisine aux plaines d’abraham. Le gars se branlait dans son char en regardant ma voisine passer. Il lui a dit: « C’est de ta faute qu’elle est de même ». J’avoue que j’ai trouvé la phrase drôle même si c’est pas drôle.

  2. Le truc #1 pour décontenancer un exhibitionniste ????? Partir à rire. Succès garanti qu’il va la ranger au plus vite !

  3. Je me suis dit que ce qu’il cherchait, c’était d’abord une réaction (peu importe laquelle). Alors j’ai fait semblant de ne pas le voir, je domine là-dedans (oui, je suis snob ;) ).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s