De la maladresse de ceux qui ne savaient pas être heureux

«Aussitôt ces paroles dites, tous deux sentirent que c’en était fait, que les mots qui devaient les unir ne seraient jamais prononcés.  Et l’émotion violente qui les agitait se calma peu à peu.»  — Tolstoï, Anna Karénine

*****

Je me souviens d’un jour de printemps.  D’une conversation des plus banales,  qui aurait même pu paraître ennuyeuse, s’il avait été possible de cacher l’émoi, l’anticipation qui illuminait déjà le fond des yeux.  Un instant si fragile que la plus petite microscopique incision fait voler en éclats.  Lorsque le vent, imprévisible et violent est enfin tombé, le papillon s’est posé sur le béton, oubliant la rose.  L’aile brisée, désorienté, il poursuivait furieusement ses battements sans parvenir à quitter le sol, décrivant dans la douleur et dans l’effort, une vaine trajectoire circulaire.

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11 réflexions au sujet de « De la maladresse de ceux qui ne savaient pas être heureux »

  1. Parfois, je me sens indigne de te lire…

    C’est si beau, j’espère que mes cheveux blancs, un jour, sauront refléter autant de sagesse…

  2. @ledz: Merci pour le compliment, c’est presque trop! (Non, c’est trop!) Mais dis-moi seulement où tu as vu les cheveux blancs et la sagesse!?! Je ne sais pas où tu as appris à parler aux femmes! ;) Ah, les petits jeunes c’est ben l’fun, mais faut vraiment TOUT leur montrer! :P

    @dom, mlle bis et Lise : Merci!, merci beaucoup :)

  3. Wow! Merci à Joblo qui m’a fait découvrir votre plume.

    Tenez, vendredi passé, j’étais au spectacle annuel de la fondation Lani (www.fondationlani.ca) qui oeuvre à la prévention du suicide chez les jeunes adultes (18-25).

    Elle s’est avancée sur scène, s’est plantée solidement au sol et a commencé à projeter sa voix, d’un seul tenant et tous les mots qui sortaient ont formé une bulle énorme d’émotions et de sensibilité à l’égard d’un plus souffrant que soi, inaperçu comme toujours.

    Elle ne s’est pas détachée du sol et pourtant elle nous a emportés dans son monde de rimes percutantes.

    Son «Hé, Lou» m’a illuminé, comme votre texte. Elle c’est la slameuse Marjolaine Beauchamp. Quel choc!

  4. C’est toujours plaisant de voir un ancien billet qu’on aime particulièrement remonter à la surface! Merci beaucoup et bienvenue chez moi :)

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