La Noyée

Cindy Sherman, Sans titre nº 153, 1985

Avec des mots, seulement des mots, comme des vagues puissantes et glaciales qui érodent les pierres. La colère immergée, les larmes lavées, la force noyée de l’intérieur, le corps et l’âme sans aspérités. Les yeux embués ne sauraient dénoncer la dernière vérité qu’ils ont vue. Qu’importe si c’est lui ou un autre. La même histoire recommencera ailleurs, inévitablement, avec d’autres acteurs. Il est trop tard pour elle. La peau douce, usée par le contact, est maintenant si mince, si fragile, qu’elle en est devenue translucide, transpercée, même, par endroits. C’est par là qu’ils sont entrés, par une toute petite crevasse, comme un grand canyon caché secrètement dans le pli sous le sein gauche. Ils ont trouvé refuge pour un court instant, le temps de se nourrir d’elle.

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2 réflexions au sujet de « La Noyée »

  1. Encore une fois, ma chère V..

    Tu t’exprimes exquisemment avec une économie de mots.
    Tu m’épates et me touche ÉNORMÉMENT par ce billet!

    C’est un bel arrachement
    de quelques jolies fleurs du mal…
    Bien cueillies et coupées.
    Chaque mot est soigneusement et parfaitement arrangé.

    Le résultat étant un petit bouquet littéraire à inspirer dans tous les sens du mot…
    Magnifique de « posies » en prose.

    Je suis émue aux larmes.

    J’avoue que j’ai pleuré en le lisant…
    et je pleure encore :,

    Bisous et belle nuit à toi

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