De la ville qui s’endort juste après le rêve

Depuis quelques années, Québec était devenu pour moi un mauvais souvenir sensible.  C’était plutôt dommage, parce que j’ai toujours trouvé que c’était une ville magnifique.  Hier c’était donc le moment de retisser des nouveaux liens avec les lieux visités tant de fois, dans d’autres contextes.  J’ai enfin pu tout revoir, avec des yeux nouveaux, sans l’ombre d’un nuage qui plane.  Et on dira ce qu’on voudra, mais l’air est tellement meilleur là-bas.  Le vent de la mer, peut-être.

J’ai enfin vu, un an après tout le monde, le grandiose Moulin à images de Robert Lepage.  45 minutes de magie visuelle et sonore.  Des milliers de gens envoûtés qui contemplent l’œuvre dans un silence quasi religieux.  45 minutes qui sont passées à la vitesse de l’éclair.  45 minutes qui justifiaient à elles seules les 500 kilomètres parcourus.

Pourtant, en quittant la ville, je me suis soudainement souvenue pourquoi je n’y habiterai jamais.  Y a-t-il un couvre-feu dans cette ville de fonctionnaires?  Pas moyen de trouver une terrasse encore ouverte passé 22h30, par une nuit magique comme seules peuvent l’être celles du mois d’août.  Des milliers de gens, la tête encore engourdie du rêve, quittent le vieux port tel des somnambules qui regagnent doucement leurs lits, pendant que la ville dort déjà d’un sommeil juste et profond.

Ajout : Et j’ai perdu la trace de la fameuse librairie Argus livre anciens, le local de la rue St-Paul abrite maintenant un bureau…

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5 réflexions au sujet de « De la ville qui s’endort juste après le rêve »

  1. 22h30 arf…
    La prochaine fois viens donc promener à Paris, c’est une ville qui a toute heure s’eveille ;-)

  2. Je prends plaisir à visiter Québec, un des rares endroits ici, qui respire l’histoire.
    Mais je prends également plaisir à la quitter, parce qu’on en fait vite le tour, et qu’elle me donne rapidement l’impression d’être dans un éternel dimanche soir, avec la petite angoisse du lundi qui va avec.
    Au passage, jolie la nouvelle photo.
    @97
    AHHHHH! Paris. LA ville.

  3. @97: y’a pas d’erreurs, je sais que je peux aller vivre à Paris n’importe quand! Dans mes rêves surtout ;)

    @narcisse: « l’impression d’être dans un éternel dimanche soir, avec la petite angoisse du lundi qui va avec » C’est tellement tout à fait ça!!!! Merci pour la photo, pour ma part j’ai plutôt l’impression qu’elle illustre à merveille les charmants ravages de l’insomnie!

  4. Oui ce « Moulin » valait le déplacement.
    Il paraît que, depuis l’année passée, peu de changements ont été apportés au contenu original.
    Quand je l’ai vu, nous étions cent et mille. Il faisait froid. L’eau clapotait. Pourtant, une fois commencé, la foule s’est tue. Plus un son. C’était magique. J’ai adoré.

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