De la baignade [et de l’humour en 1870]

Comment les bains de mer peuvent servir à guérir l’hypocondrie en produisant des accès de bonne humeur : En nageant entre deux eaux, saisir les jambes d’un monsieur qui vous est désagréable, lui faire faire une petite promenade sous-marine jusqu’au fond des Bêches, et le déposer sans connaissance sur l’escalier, en admirant la finesse et l’éclat des tons violets que la nature prodigue aux noyés.  Quand on voit un monsieur d’un tempérament sanguin s’essouffler à remonter le courant, lui tendre précipitamment la perche d’une manière assez heureuse pour le faire couler à fond.

Telles sont les bonnes plaisanteries que nous recommandons aux hypocondriaques et qui sont bien faites pour éclairer d’un pâle sourire leurs visages méli-mélo mélancoliques.  Joignons-y ce principe dont il ne faut pas s’écarter sous peine de… morgue certaine :  Il est imprudent aux baigneurs qui ignorent les premiers éléments de la natation, de se précipiter dans un endroit ayant plus de quarante pieds d’eau, et surtout de s’attacher des poids de vingt livres aux pieds sous prétexte puéril qu’à se baigner sans péril, on nage sans gloire.

Texte signé A. De Lavalette, dans L’Opinion publique (journal publié le 18 août 1870)

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