My moon, my man [The song’s out of key again ]

On ne devrait jamais planifier une première date, un soir de pleine lune, avec un gars qui a le même prénom que l’ex.

On ne devrait jamais se fier aux apparences.  Même quand on juge qu’on n’a pas d’lair d’être ce genre de fille là pantoute, ça se pourrait qu’un gars décide, tout à fait out of the blue, de nous surnommer affectueusement « tweety » et cela, après seulement 5 minutes de conversation.

On ne devrait jamais devenir trop rapidement l’amante d’un gars qui revient d’un voyage en Asie, la tête encore pleine de fantasmes sur les jolies petites taiwanaises.

On ne devrait jamais faire une blague à un gars qui a choisi RogerGingras comme user name sur un site de rencontre.  Même s’il est beau comme un cœur et s’il a moins de 30 ans, des fois, ça se pourrait que ça soit son vrai nom.

On devrait toujours montrer un flash mob à un gars avant de le dater, s’il est pas ému le moindrement, ça vaut pas la peine, son cœur est déjà mort.

On ne devrait jamais avoir à expliquer à un gars pourquoi il ne peut pas espérer nous ramener chez lui s’il refuse de nous dire son nom de famille.

On devrait toujours se méfier d’un gars qui a plus de 600 amis facebook, surtout s’il est maintenant ami avec 15 nouvelles filles dans les événements récents dont trois juste après nous, même s’il nous a ajouté il y a moins de deux minutes et qu’il continue à nous jaser msn intensivement pendant tout ce temps là. Great at multi-tasking isn’t always convenient.

On ne devrait jamais se gêner pour faire du ménage dans nos amis facebook.

On ne devrait jamais lâcher un soupir de soulagement quand RogerGingras finit par dire que ce n’est pas vrai nom.  Ça se pourrait qu’il ajoute dans la phrase suivante qu’il vient tout juste de reprendre avec sa copine, qu’il ne croit pas aux rencontres sur le net, mais qu’il aimerait bien continuer à jaser avec nous…

On devrait toujours vérifier si c’est pas écrit fucking back-up plan, click here for great savings! quelque part sur notre photo.  Avec une loupe.

On ne devrait jamais répondre à la porte un dimanche matin en tenue indécente.  Ça pourrait être un voisin qui veut emprunter du sucre.  Ça pourrait aussi être un témoin de Jéhovah.  Mais ça pourrait surtout être un amant qui a quitté un peu tôt (ou un peu tard, c’est selon) la veille et qui vient avouer candidement sa confusion d’apprendre que la jolie taiwanaise qu’il a rencontré deux jours avant la fin de son périple (et avec qui il ne s’est rien passé là-bas, mais qu’il gardait dans son msn même s’il pensait très honnêtement ne jamais la revoir de sa vie) a acheté un billet d’avion et débarque dans son minuscule 3 ½ avec juste un lit la semaine prochaine.

On ne devrait jamais s’étonner du fait que je ne suis pas une morning kind of gal

On ne devrait jamais considérer le online dating comme autre chose qu’un crash course sur la nature bêtise humaine.

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Poetry is no place for a heart that’s a whore

Je n’ai pas de rêve à t’offrir
Je n’ai pas d’histoires à te raconter
Je ne franchirai aucune distance pour toi
Je t’oublierai à chaque fois que tu ne seras plus devant mes yeux
Je serai sans lendemains

Mais

Tu sauras quand même prendre tout ce que je n’ai pas à donner

De la passion des mots

« Les mots sont des planches jetées sur des abîmes avec lesquelles nous traversons l’espace d’une pensée… »

— Paul Valéry

Une performance inoubliable.  Fabrice Luchini est la définition même de l’intelligence.  De la vraie passion des mots qui se cultive en dehors de soi, (dans l’oubli de soi?) de celle qui se tourne d’abord vers l’autre, qui se transmet, se communique dans le bonheur et la générosité absolue.

Et pour le prix du billet, y’a master card.

Leçon élémentaire

Il en va de certaines amitiés comme de l’eau.  Je plonge et je trouve le chemin du cœur sans vraiment l’avoir cherché.  À bout de souffle, je remonte à la surface brillante et réfléchissante des choses.  Puis je replonge et je reviens encore avec une étonnante, surprenante facilité.  Jusqu’au jour où je réalise que j’ai quelque part, perdu le chemin.  Il n’y a pas de cartographie de l’eau.

Après l’eau, vient l’air et ceux qui comme une bouffée d’oxygène pur, étourdissent les sens.  J’ai vogué un peu sur les tapis volants, légers, au gré du vent.  Je jongle et infailliblement, tout finit par me glisser d’entre les doigts.  Chute des corps.  Dissolution de l’âme.

Avec l’air, se gonfle le feu.  Chaleur qui embrase le temps d’un instant, mais qui détruit tout sur son passage.  Je ne sais pas dompter le feu qui me domine et m’abandonne avec un goût de cendre amer dans la bouche.

J’apprends donc à aimer les chemins de terre franche qui se cultivent avec lenteur.  Ceux qui ne cèderont pas sous les pas, ceux qui appartiennent au tangible, ceux qui alternent les saisons et se renouvellent sans cesse, malgré la pluie, le vent et la sécheresse.  Ceux qui ne craindront pas le passage du temps.  Ceux qui supportent et nourissent mes regards affamés, émerveillés. 

De la possession

« L’agitation d’un amour plein de désirs contenus s’harmonise à celle de l’eau, les fleurs que la main de l’homme n’a point perverties expriment ses rêves les plus secrets, le voluptueux balancement d’une barque imite vaguement les pensées qui flottent dans l’âme. […]  L’amant qui n’est pas tout n’est rien. […] je me reprochais de n’avoir rien osé, de n’avoir pas resserré les liens d’une tendresse qui me semblait alors plus subtile que vraie par les chaînes du droit positif que crée la possession. »

— Balzac, Le Lys dans la vallée