De l’hiver

Les premiers mots en ouvrant les rideaux ce matin : « Holy shit!!! »  Et une fois la première surprise passée, on se dit que c’est quand même beau, la neige.  Petit vidéo de circonstance.  J’ai entendu ce violoniste en concert le printemps  dernier.  Il avait été acclamé comme une véritable rock star après avoir livré une magnifique interprétation du concerto pour violon de Brahms.  Je n’ai jamais revécu un moment comme celui là dans un concert classique.

Du désir

Nous sommes faits — littéralement — de désir.
C’est l’essence même, la matière première de la vie.
Renoncer au désir, c’est renoncer à soi-même, donc renoncer à la vie.
Ce n’est pas un acte de paix ni de délivrance.
C’est la plus grande violence que l’on peut s’infliger à soi-même.

I’m no fucking buddhist.

You write such pretty words [Do you like to hurt?]

J’ai une copine qui me dit souvent que la vie nous apporte toujours ce qu’on a besoin, au moment où on en a besoin, qu’il suffit tout simplement d’être attentif.  D’habitude, je lui réponds bullshit.

Mais…

Cette semaine, j’en ai eu ma claque des « écrivains ».  Et c’est le moment qu’une ancienne fréquentation a choisi pour réapparaître.  On s’est vus quelques fois, jamais sur une base régulière, jamais de façon vraiment planifiée et ça nous convenait comme ça.  Quelque chose de simple, d’honnête dans le procédé.  Quelqu’un de fondamentalement différent des autres hommes que j’ai connu.  Pas un intellectuel, malgré ce qu’il en pense.  Et c’était peut-être là sa plus belle qualité.  Un sensuel, instinctif (et pas seulement au sens qu’on imagine).  Bon, reste qu’on se tapait un peu mutuellement sur les nerfs aux lendemains matins, mais en même temps c’est ce qui nous gardait les pieds sur terre, j’imagine.

La conversation a pris le tour habituel et assez rapidement après le qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu deviens, est venu le t’as envie d’aller prendre un verre ce soir? J’ai commencé par dire non, en me rappelant les raisons pour lesquelles j’avais cessé de le voir.  Puis, la discussion est repartie de plus belle.  Passé un certain point, j’ai eu envie de changer d’idée.  Revoir un gars comme lui, si différent des autres, me ferait peut-être du bien.  Pas de stress, pas d’attentes, pas de déception.  Au fond, je n’ai pas grand-chose à perdre.  Je l’ai questionné sur son nouveau travail et il m’a appris son retour aux études.  Je lui ai demandé quel domaine.  Études littéraires… Profitant du fait que j’étais devenue muette, il m’a demandé si j’écrivais encore…  Puis il m’a annoncé qu’il écrivait un roman qu’il aimerait bien me faire lire.

Des fois la vie…  bullshit.

Tonight I think I’ll walk alone [I’ll find my soul as I go home]

Juste une fatigue.  Une lassitude de voir l’écriture qui se paye comptant avec de la petite monnaie d’âme.  Lire partout des mots qui ne veulent plus rien dire.  Des faux-semblants romantiques, parce que ça fait joli.  Des faux-fuyants érotiques pour meubler le vide.  Créer du sens où il n’y en a pas.  Souffler la bulle parfaite, circonscrire le moment, le broder de fil blanc.

J’ai toujours lu l’envers du décor dans leurs mots, dans leurs yeux, dans leurs mains, dans leurs silences.

Et j’écris, parce que je n’ai jamais su isoler la variable.

Hey, my heart’s on the line [for your hands to pluck up]

Sur Prince-Arthur, près de la Main, à 9h ce matin…

Les gens regardent le ciel, prennent des photos comme la mienne et s’échangent des sourires larges comme ça.  La journée sera magnifique, parce que pour une fois, ça ne peut pas être autrement.

J’ai coupé mes cheveux.  Ça fait un siècle que je ne me suis pas sentie bien comme ça.  Je n’ai plus envie de te plaire.  Whoever you are.  Un jour, j’aimerai.  Ça sera le début et non la fin.  Je ne sais pas quand.  Je ne sais pas qui.  Je ne sais pas grand-chose.

Mais je sais que ça ne sera pas un homme qui ronfle pendant le film au cinéma…  on a first date.