And we’re changing our ways, taking different roads [Love will tear us apart, again]

Je n’avais pas pensé à lui depuis très longtemps.  En fait, j’ai bien peu pensé à lui depuis la dernière fois qu’il est parti de chez moi.  Pourtant, je me souviens de tout.  Sa façon d’être.  Les hésitations dans sa voix.  Ses gestes assurés.  Le plissement de ses yeux.  Son odeur.  Sa manière de me toucher.  Le confort de nos silences.  La facilité entre nous.  Un dimanche matin de la fin de septembre, j’ai sans doute retourné dans tous les sens (et c’était un exercice entièrement rationnel), l’explication, à la fois honnête, drôle et cruelle qu’il m’avait donné (sans que je lui demande).  J’ai toujours su qu’à sa place, j’aurais fait exactement la même chose.  Sans même en avoir la moindre idée, il m’a fait comprendre qu’il était possible de parfaitement se comprendre sans jamais se connaître.  J’ai lavé les draps et c’était fini comme si ça n’avait jamais existé.  La boucle parfaite.

Mercredi soir, en traversant le parc sur le chemin du retour, à propos de rien (l’histoire d’un détail observé accidentellement), j’ai pensé à lui.  Juste assez pour faire remonter à la surface quelques souvenirs endormis que j’ai chassé du revers de la main.  Je ne sais pas pourquoi (enfin si, mais ça serait trop long à expliquer), ça m’a soudainement fait penser à ce texte que j’ai écrit il y a longtemps déjà et qui parle un peu de cette impression que  j’ai parfois.  Cette idée que nos mouvements, nos rencontres suivent une certaine trajectoire comme les électrons valsant autour d’un noyau, se frappant les uns et les autres à intervalles calculées (ok, you can turn me in).  N’empêche que c’est ce qui m’a poussé à jouer d’audace.  Quittant le parc pour une des grandes artères de mon trajet aussi prévisible que parfaitement rodé, j’ai choisi cette fois délibérément le côté nord du trottoir plutôt que le sud routinier.  Juste pour voir ce qui arriverait, si j’étais ailleurs.  Légèrement décalée.  Oui, je suis impulsive comme ça, des fois.

Un peu moins de trois coins de rues plus loin ou 4 minutes 26 secondes de marche plus tard, il était là, devant moi. Instinct, pressentiment, coïncidence étrange, difficile à dire ou à s’expliquer.  Il était juste là, à nouveau sur mon chemin.  J’ai tout compris d’un regard, d’un sourire.  Deux corps étrangers peuvent se reconnaître, se lire,  se traduire et malgré tout, poursuivre du même pas régulier, chacun leur route.

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7 réflexions au sujet de « And we’re changing our ways, taking different roads [Love will tear us apart, again] »

  1. Je sais que je vais détruire toute la poésie de ton billet, mais ce sont des électrons qui valsent autour d’un noyau (le tout constituant l’atome). Pour le reste, il y a la théorie du chaos.

    Pour ce qui est de l’essence cependant, il y a effectivement des hasards, comme ça, qui me font me demander si c’est vraiment un hasard ou s’il n’y a pas quelque force qui dirige nos vies (qu’on appellerait destin). La deuxième option viendrait détruire toutes mes croyances scientifiques (ou presque). Bref, je préfère ne pas trop y penser et simplement m’émerveiller de ces hasards.

  2. J’aime passer ici et te lire.
    et te relire aussi.

    À quand la reliure et les mots sur du papier?

  3. hello ! j’apprécie beaucoup ton blog qui est devenu mon « livre de chevet ». de magnifiques billets. j’y vois vraiment un réel talent d’écrivain. j’attends les prochains posts avec impatience.
    kisses from France.

  4. Merci beaucoup! :)
    Les prochains billets ne devraient pas trop tarder ;)

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