Love is a lie, I’m a liar, you’re a liar [Love is a why, did you lie, to me]

D’une rencontre, on peut toujours, à la base, faire deux récits.  Avec le temps et la distance, quatre.  Puis on mélange les genres, le drame de moeurs devient horreur ou comédie.  Ça fait déjà sept versions possibles.  C’est le début raconté longtemps après la fin et pourtant, toi et moi, c’est même pas une histoire.  C’est rien.  C’est un soir, une nuit, un matin et une bouteille de vin cheap parce que tsé, c’était pas prévu.

On s’est parlé pendant des heures sans rien se dire.  En tout cas, rien d’important.  Parce que c’est plus simple comme ça.  Le sous texte s’embrouille moins.  On a joué longtemps à ce jeu stupide de celui qui céderait en premier.  J’aurais dû te laisser gagner.  T’avais pas tellement envie de moi.  T’avais juste foutrement envie que j’aie envie de toi.  C’était écrit dans tes yeux.  C’est quelque chose d’enfoui très loin en toi mais qui, ce soir là, crevait la surface.  Je sais rien de toi, mais ça, je le sais.  Et si je le sais, c’est parce que je suis addict à la même drogue que toi.  Du coup, on s’est partagé un fix.  Dilué.  Un vrai trip d’égocentriques.  T’as joué l’amant transi et j’ai dit toutes les niaiseries qu’on dit dans ces moments là.

La fin est arrivée, prévisible.  Je pense que tu ne t’es jamais rendu compte de rien.  Tu connais ton rôle tellement par cœur que t’as oublié que le jeu se fait à deux.  Je n’ai jamais voulu que tu m’aimes, mais j’aurais voulu que tu voies la même chose que moi.  J’ai désiré, si fort, la nudité crue, la tombée des masques.  Au lieu de ça, des regards aveugles, dévorants jusqu’à la nausée.   Ce n’est pas une histoire.  C’est rien.  Rien que la déception et une certaine colère devant les faux semblants qui existent sans raison.  Une insulte à l’intelligence.  Et de deux récits, voici le mien : c’est avec toi que j’ai compris qu’il n’est pas nécessaire de mentir à ceux qui ne demandent rien.

Pas parce que je t’ai menti.  Mais parce que je ne t’ai jamais rien demandé.

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8 réflexions au sujet de « Love is a lie, I’m a liar, you’re a liar [Love is a why, did you lie, to me] »

  1. @demi-jour: demander quoi? J’ai eu tout ce qu’il pouvait offrir…

    @nathalie: merci!

  2. Exquise Melle V ! Ce billet est désespérant d’humanité…

  3. @demijour: peut-être bien, mais fais-moi confiance, c’était pas une de celles là ;)

    @ptitgars: désespérant? pas trop j’espère…

  4. En tout cas un vrai régal pour l’intelligence, ce billet n’a pas du être écrit avec l’encre d’un vin cheap !
    Une vraie délectation quand tu dégaines le scalpel, Mlle V.

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