Rue Waverly, entre Fairmount et St-Viateur, 17h58

S’il y a juste une rue qui sent le bonheur à travers toute la ville, c’est celle là.  Les maisons sont jolies avec leurs grandes galeries et les parterres tapissés de fleurs.  Les nombreux chats qui l’habitent paressent sous le soleil doucement filtré par les grands arbres matures.

C’était une journée lumineuse du mois de juin.  J’entendais tes petits souliers vernis frapper le trottoir, à quelques mètres derrière moi.  Tu portais une crinoline rose par-dessus tes vêtements et tu tenais une petite baguette magique bricolée dans ta main.  T’avais l’air d’une apparition.  Une petite fée asiatique de trois ans, avec des fossettes dans les joues.  Tu courais de toutes tes forces et pourtant, je n’aurais eu aucun mal à conserver les devants, en marchant lentement.  J’ai ralenti le rythme, devenant presque immobile par moment, pour te permettre de me rattraper.  Quand t’es passée à ma hauteur, t’as répondu à mon sourire en disant « Allo! » avec un petit signe de la main.  Un peu plus et je faisais un vœu.

T’as repris ta course de plus belle.  Je t’ai regardé courir devant moi et j’ai pensé, sans trop pouvoir (ni vouloir) me l’expliquer, qu’il y avait quelque chose de parfait dans ce lieu et à cet instant.  Tu as monté l’escalier qui mène chez toi.  La porte moustiquaire était barrée.  Tu t’es mise sur le bout de tes pieds, mais la sonnette était encore trop haute, inaccessible.  Pour compenser, tu as crié « Ding Dong, Maman, Ding Dong! »

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6 réflexions au sujet de « Rue Waverly, entre Fairmount et St-Viateur, 17h58 »

  1. Héhé, elle n’a pas appris à cogner à la porte on dirait. Mais dans ton prochain post, oublie de mentionner les chats. J’ai eu l’impression de lire Jacques Poulin. :p

    D’ailleurs, t’avais raison concernant l’opposition Proust/Céline, en disant que si Poulin aimait Céline et que je n’aimais pas Poulin, je devrais aimer Proust. C’est un peu lourd comme lecture, mais je m’y plaie bien (j’ai la moitié de « Du côté de chez Swann » de lu).

  2. @Blanco: désolée, l’image du chat étendu au soleil est indissociable de l’idée du bonheur :P (mais je concède que le premier paragraphe était absolument non nécessaire). J’aime bien ton lapsus, j’espère que tu ne trouves pas ta lecture trop douloureuse :P

    @tchendoh :)

  3. Un de mes petits plaisirs consiste à laisser passer une ou deux semaines entre chacune de mes visites. Comme ça, je suis certaine qu’à mon retour, je serai gâter par un, ou par quelques-uns de tes textes. Chaque fois, c’est que du bonheur.
    :)
    Inutile de dire que j’ai adoré ce texte.

  4. Merci :)
    Si je me fie à mes stats, vous êtes maintenant plusieurs à faire ça, mais c’est gentil de laisser un petit mot de temps en temps. Ça m’encourage à essayer de moins espacer mes billets! ;)

  5. Je m’ennuie de mon cartier des fois … des petits bonheurs comme ceux là, il y en a des centaines sur cette rue, entre 2 cafés, 2 bagels, 2 hipsters et surtout , tous les chats, n’en déplaise au littéraire ! :-)

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