All the young dudes [l’étudiant]

J’ai su qu’il était là avant même de le voir.  J’ai attendu quelques secondes de plus et j’ai levé les yeux au moment où la porte du métro se refermait derrière lui.  J’ai rapidement croisé son regard puis, je me suis replongée dans la Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig.  Il s’est faufilé à travers la foule compacte et a déposé son sac de livres à mes pieds.  Je me suis adossée à la porte du fond tandis que me faisant face, il a posé sa main droite contre la porte, à un centimètre ou deux de ma taille.  Tenant mon livre de la main gauche, j’ai passé le bras au dessus du sien et me suis légèrement retournée de façon à ce que ma jambe puisse presque frôler la sienne.  Son corps a suivi le même mouvement et sa main gauche presque appuyée sur mon épaule droite a ouvert les pages d’un livre d’histoire économique.  Entre ses bras, j’ai lu sans cesse la même phrase (sans rien y comprendre) dans l’espace-temps de cinq stations de métro.  Soudainement troublée, perdue entre l’anonymat et l’intimité fortuite, respirant l’odeur suave de sa peau et ne pouvant capter de lui que les détails.

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7 réflexions au sujet de « All the young dudes [l’étudiant] »

  1. @ME: merci, c’est un beau compliment ça :)
    @Denis: deux épis? haha drôle d’image ;)
    @Magenta: Merci!

  2. Quelle et la différence, au fond,
    du point de vue du texte?
    comment fait-il sentir
    l’intensité du vécu?
    quels mots font
    imaginer vrai?

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