There’s an empty space inside my heart [Tonight I’ll set you free]

J’ai souvent l’impression que ma vie est une suite de fils coupés, sans liens, sans continuité.  Un choix détermine un bout de telle longueur, telle couleur, puis un autre, et ainsi de suite.  J’ai jamais été bonne pour faire les nœuds.  Peut-être que d’autres les ont toujours faits pour moi.  Peut-être que je suis meilleure pour dénouer même les plus compliqués.  Tirant sur un fil à la fois, doucement, avec stratégie.  Ou bien tranchant dans le vif, quand y’a rien de mieux à faire (ça s’est vu).

C’est comme entretenir la petite flamme qui vivote.  Jamais assez forte pour brûler, encore moins pour se réchauffer.  Seulement se consumer.  Comme la dernière plante qui me reste dans le salon.  Ça fait bien deux ans qu’elle n’en finit pas de crever.  Elle renaît toujours au moment où on ne s’y attend plus, pour « mourir » de plus belle.  J’ai déjà eu du talent pour les plantes, mais c’était sur un autre fil.  Maintenant, je n’y arrive plus.  J’oublie.  Je laisse aller.  Peut-être qu’il faut juste apprendre à laisser mourir les choses.  Les derniers restes d’un jardin qui n’existe plus.  Les plantes du passé.  Les non-relations d’aujourd’hui.