Summer is ready [when you are]

On réalise tellement de choses avec le temps.  Comment tout tient à si peu de choses.  Les hasards, les rencontres et même, les liens.  Être à la fucking bonne place au fucking bon moment.  Tout est si volatile, en mouvance.  Et c’est souvent quand on croit marcher sur le roc qu’on marche sur l’eau.  La différence entre être où il faut pour voir exactement (aveuglément) ce que l’on veut et le glissement d’un geste, d’une phrase qui fait détourner la tête, sans appel.  Sans tristesse, sans éclat, sans mensonges ni faux semblant et parfois sans même couper de pont.  Être doucement ailleurs.  Autant de fils qui se dénouent (encore) et l’envie trop grande de ne garder que les choses simples.  Vraies.  Ne plus avoir besoin (envie) du reste (ou de toi).  Je vois ce que tu crois, mais je crois ce que je vois.

Et si ce n’est plus là, comment savoir que cela a déjà existé?  Peut-être que c’est plus facile de croire que non.  Comme ma nièce à qui on a expliqué que matante est la grande soeur de son papa et que mamie et papy étaient le papa et la maman.  Elle a froncé les sourcils en répliquant : « Oui mais moi, j’étais ooooooùùùùùù??? »

Y’a des jours comme ça où j’me sens encore comme la petite fille (pas attachée) sur le siège arrière de la Thunderbird 1979 (aka the magnificient flying machine) de mon père et qui demande à chaque 5 minutes « si on est rendu« .  Elle sait pas trop où, mais elle sait que forcément, on s’en va quelque part.  Et y’a l’adulte qui a juste l’impression de traverser le putain de nord de l’Ontario.  Qu’est-ce qui compte dans ce temps là? La destination ou le voyage?  Comme dit l’autre, l’éternité c’est long, surtout vers la fin.

Alors cet été, j’ai fait mes valises et je suis partie (Non non, pas dans le nord de l’Ontario, rassurez-vous).  J’avais besoin de vérifier si je pouvais être ailleurs.  Être et ailleurs.  Ça m’a fait entrevoir brièvement qu’on pouvait être heureux et ça, même sans jamais être tout à fait chez-soi.  Que partir, c’est pas nécessairement fuir.  Accepter l’impossibilité de savoir tout de suite si ce n’est qu’une façon de revenir.  Réapprendre à découvrir et à explorer.  Avoir l’intuition que c’est correct d’oublier la destination, tant qu’on sait encore se donner du paysage à voir en chemin.

Avoir enfin la certitude que c’est le moment de quitter le confort de la zone périphérique qui m’habite depuis quatre ans et qui me donne cette vague impression de n’exister que dans la vie des autres.

(Vu quelque part entre Vancouver et la vallée de l’Okanagan)

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5 réflexions au sujet de « Summer is ready [when you are] »

  1. Je me répète; merci pour le beau texte. Ce fût tellement un immense plaisir de t’avoir dans mon paysage qques jours et partager le beau d’ici avec toi. Reviens marcher avec moi quand tu veux :)

  2. Ah! fait attention, je pourrais te prendre au mot! Y’a pas un soir où je rêve pas de ton plus beau voisin, Stanley ;)

  3. « …se donner du paysage à voir en chemin »
    Cette phrase est un trésor telle la pierre philosophale !
    Y a t’il meilleure existance que compter dans la vie des autres ?

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