All the young douches

Si vous voulez vraiment me faire plaisir, allez tous lire ce texte qui fait ma journée sur un de mes blogs préférés.  Et tant qu’à y être, lisez également la très belle série de textes intitulée « Mathilde en dernier« .  Suivez les onglets au bas de la page principale, à droite (oui, je vous tiens par la main) pour trouver facilement les 16 textes dans l’ordre.

All the young dudes [le magnétique]

Quand il est passé près de moi sur le quai, j’ai tout de suite eu envie qu’il s’arrête à ma hauteur. Quand il l’a fait, j’me suis demandé s’il n’avait pas entendu mon souhait.  Une attirance pure, une énergie folle.  Je ne pouvais même pas me l’expliquer.  En tout cas, c’était pas physique.  Fin trentaine si c’est pas plus, grandeur moyenne, poids moyen, guy next door, aucun signe distinctif si ce n’est les yeux verts et le crâne rasé.  On a échangé deux-trois sourires et c’est là que j’ai compris.  Il rayonnait de façon tellement intense que ça devenait magnétique.  Juste le regarder, ça me faisait du bien.  J’étais incapable de penser à autre chose, incapable de détourner mon regard.  J’étais complètement fascinée et je pense qu’il le savait.  Il me souriait de plus belle, c’était contagieux.  Et si bon.

Je n’arrivais pas à me souvenir de la dernière fois que j’avais vu quelqu’un avec un air aussi profondément heureux étampé dans la face…  Bon, oui ok, je me souviens, mais cet air là dure normalement quoi 20, 30 secondes? 5 minutes? Une fois rhabillé, tu le perds déjà un peu non? Le gars était quand même rendu à la station Berri, un lundi matin vers 9h20.  J’essayais d’imaginer la cause derrière tout ça.  Qu’est-ce qui peut faire qu’un visage irradie le bonheur jusqu’à l’indécence.  Est-ce qu’il vient de faire l’amour à la femme de sa vie pour la première fois? Un lundi matin???  Bon, je sais bien qu’il n’y a pas de jours pour ça, mais ça m’apparaît quand même peu crédible.  Il commence une nouvelle job passionnante?  Il vient d’hériter une fortune?  Son enfant a dit « papa » pour la première fois ce matin?  Je continuais de l’observer à la dérobée et je ne trouvais pas d’explication satisfaisante.  Si j’étais une autre fille que moi, je lui aurais dit qu’il avait un sourire magnifique.  En fait, pour être honnête, j’ai jamais passé si proche d’être une autre fille que moi qu’à cet instant là.  Mais le métro est arrivé.

 Il s’est assis et il a machinalement porté une main à ses écouteurs en chantonnant doucement, presque muettement des lèvres un bout de la toune qui jouait dans ses oreilles.  Ses doigts pianotaient le long de sa cuisse.  Il a fermé les yeux quelques secondes et les a réouverts toujours avec ce sourire, vibrant.

Et je me suis dit que peut-être, tout ça, c’est juste la toune qui est fucking trop bonne.

De l’automne aux couleurs sombres [et de la reprise de l’entraînement à la nage]

« La plupart des hommes ne veulent pas nager avant de savoir le faire.  N’est-ce pas spirituel?  Naturellement, ils ne veulent pas nager! Ils sont nés pour la terre, pas pour l’eau!  Et naturellement, ils ne veulent pas penser : ils sont faits pour vivre, pas pour penser!  Oui-da, et celui qui pense, celui qui en fait son principal souci peut, certes, pousser loin dans ce domaine, mais il a quand même changé la terre pour l’eau et un jour il coulera. »

— Hermann Hesse, Le loup des steppes