I was a white girl in a crowd of white girls in the park

« Sans faire un effort particulier pour me tenir à l’écart ou au contraire pour participer, j’en apprenais juste assez sur les gens pour n’être qu’effleuré et non oppressé par la vie. »

— Peter Handke, Mon année dans la baie de Personne

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I don’t think you’re what you seem [I’m not sure what this could mean]

Une suite des heures et des jours qui semble s’éterniser entre chaque marche, chaque palier, tellement qu’on a oublié si ça monte ou si ça descend. Suivre la vague en silence, sans même y penser. Chaque matin, le même wagon, sensiblement à la même heure. Le même changement de ligne à Berri, par le petit escalier plus étroit. Puis un matin, cette brique manquante, croisée à la hauteur des yeux pendant moins d’une seconde. Un moment si vite passé qu’il m’a fallu plusieurs jours, plusieurs passages avant de comprendre.

Mon envie d’être ailleurs, avec de plus en plus de force, chaque jour. Une autre ville, d’autres liens, d’autres pas dans lesquels je n’ai jamais encore marché. Sentir les fils qui s’usent et qui ne me retiennent plus tout à fait. Le début d’une dérive, d’une prochaine errance dont le premier chapitre se livre déjà, en diagonale du lit.

Et cette beauté étrange qui captive et me retient encore un peu sur la dernière page du roman d’avant. Chaque matin, ce regard lancé vers la petite cavité creusée dans laquelle git une forme délicate, fragile, grise très claire, légèrement bleutée ou même ocre par endroit. Plus précise à chaque fois malgré le pas, toujours le même, celui de la foule aveugle, de la vague qui pousse et contre laquelle je ne résiste pas encore. Ce quart de seconde volatile qui devient une habitude, un dialogue invisible au reste du monde entre moi et l’oiseau mort, déposé là.