Marginalia [the book of silence, part II : l’amour moderne]

Comme des bouteilles lancées à la mer, des messages creux (somptueusement pompeux), qui ne font pas vraiment de sens. Qui ne disent rien et qui dévoilent encore moins. Des mots à la fois assemblés et décousus, qui font toujours écran devant un ciel sans alignement d’étoiles.  Des mots pour faire patienter (se garder une place dans la file) qui épuisent et qui drainent, comme une tyrannie de la légèreté imposée. Des mots-dissolvants qui effacent la couleur et jusqu’à l’odeur de sa peau, le contact de sa langue. Les mots d’un ennui qui brode autour du silence des corps imposé par les contingences de la vie ou simplement distrait, ailleurs, sous l’emprise de l’éphémère étincelle qui impérativement commande la suivante, une glissade vers la droite, et une autre, encore une autre, plus grande, plus belle, plus forte, plus inspirante ou peut-être seulement, juste différente.

Surtout, surtout, ne rien demander.  Ne rien désirer (de plus), ne rien chercher, ne rien prendre.

Ne rien offrir, ne rien donner, ne rien dire (qui pourrait être retenu contre soi).

Laver les draps.  Recommencer.

Rester léger.  Coeur flottant, léger, si léger

et si vide en même temps.

Être (encore et toujours) en marge de l’histoire principale.  L’accepter.

Quand même rêver de l’escapade imprévue sous le ciel bleu d’un petit chemin pittoresque de campagne.

Se faire réveiller par la pluie battante, dans la prévisible voie de service.

Marginalia [the book of silence, part I : the « lost in translation » lover]

Isn’t it strange how we see things and ourselves and how we express it in a way that other people don’t ever really get? Of course, you will have a wrong idea of me and I’ll be absolutely mistaken about you and we will play (until we don’t) or we’ll eventually decide that it’s fair enough.

Whatever.