If I stumble [They’re gonna eat me alive]

Samedi après-midi ensoleillé, bord de piscine, accalmie entre deux éclats de rire et 3 bouillons de la nièce de quatre ans trop fière de nager sans son ballon parce que « je suis capable », probablement les 3 mots qu’elle a dit le plus souvent depuis qu’elle sait parler.

Un insecte, scarabée quelconque se pose tout près d’elle.  Sans même y penser, réflexe, d’un geste à la fois léger mais assuré, je chasse la bestiole qui l’incommode du revers de la main.

Surprise, Lili me regarde, admirative et lance : « Toi, est-ce que t’as peur de rien? »

 

Si tu savais petite, si tu savais…

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Alice doesn’t live here anymore

Il y a neuf ans, j’ai eu deux semaines pour changer de vie
Couper le fil de mon histoire
Reconstruire une maison de chair et d’os
Sur un sol de cendres refroidies
Penser
Bercer
Panser
Recommencer
Tisser des toiles le jour
Pour mieux les défaire chaque nuit

Et parce qu’on vit toujours les mêmes histoires au moins deux fois

Il y a un mois, j’ai eu trois semaines pour changer de vie
Déraciner la maison
Roseau qui plie sans casser
Deux semaines de préavis (sans plus)
Les boîtes
Pas de fête
Pas de carte (so long, sucker)
Pas de nostalgie affectée
Pas de larmes (ou presque)
Le coeur brisé viendra quelque part dans le temps
Ou pas
Vivre en ton centre était en train de me faire mourir en dedans
Je t’aimerai toujours, mais à distance
Montréal, on sera des amants de passage, si tu veux

Être ailleurs
Plus seulement métaphoriquement
Respirer
Mesurer la distance (198 kilomètres) de tout ce que j’ai connu
Avoir tout à découvrir
Encore une fois
Chaque coin de rue
Chaque déplacement qui devient une aventure
(Avoir besoin du GPS pour aller faire l’épicerie)
Chaque visage croisé, forcément nouveau
Incroyable liberté d’avoir tout à recommencer
Non
Réinventer
À commencer par soi

Encore une fois