Je vous ai déjà dit que j’aime l’hiver???

Non, je pense pas…
Ben là, ça, c’est mon char…

Sans compter que j’ai dû marcher sur environ 200 m avec de la neige jusqu’aux cuisses juste pour aller constater les dégâts. J’espère que vous appréciez l’effort qu’il y a derrière cette photo… parce que j’ai décrété que l’effort s’arrêterait là, j’ai rendu les armes. La pelle est en grève (et de toute façon la ruelle est impraticable). Ça va bien finir par fondre. Un jour.

et puis quand on se compare, on se console (bah!, si peu).

Trame sonore

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Accalmie

Je marche d’un pas rapide, tête baissée, je n’ai qu’une hâte, celle de rentrer chez moi. La foule du vendredi soir se fait plus dense, bruyante, près des bars et des restaurants. Les klaxons, les sirènes, les cris, les éclats de rires et les pas des indécis, tout m’exaspère. Fatigue. Solitude. Le froid, qui pique les joues et me donne, involontairement, la larme à l’œil fait tomber la dernière barricade. Épuisement.

Puis, la traversée du parc. Accalmie. Silence. Le vent tombe brusquement. Un sentiment de paix qui enveloppe, saisit. La neige tombe maintenant à gros flocons, juste comme j’aime. J’aime. Instinctivement, le pas ralenti. Le souffle aussi. L’impression de ne faire qu’un avec ce lieu. L’envie de tasser un peu la neige sur un des bancs désertés et de m’y installer, pour faire durer l’instant fugitif. Savourer. Être bien. Pour quelques secondes, ne rien désirer de plus. Être là et non pas ailleurs. 10 minutes, 2 heures ou une nuit, juste le temps que le temps s’arrête. Un peu. Encore.

Et puis, poursuivre son chemin, parce qu’il le faut bien. Savoir reconnaître, avec intuition, les yeux ouverts ou les yeux fermés, les lieux, comme les rencontres, pour ce qu’elles sont.

Poème d’hiver

Pendant que j’aimerais laisser la neige tout recouvrir, tout effacer
Oublier toutes les formes du passé
M’engourdir, m’endormir nue dans la froideur
Être, au moins pour un temps, amnésique

Mais toujours me souvenir que la petite flamme méprisée
À tout moment peut initier
Un grand feu cyclique
Dont les cendres fertiliseront la terre avec vigueur

Une histoire qui aurait pu m’arriver

Hier après-midi, une voisine était en train de déneiger sa voiture. Fallait travailler fort pour ça (je sais de quoi je parle, pendant qu’elle pelletait dans la rue, je pelletais toute seule dans la ruelle). Un homme qui passait par là s’est mis à lui parler gentiment, puis, il a offert de l’aider. Pourquoi pas… Vraiment un type sympathique. Finalement, une fois que la voiture a été dégagée, ben il est parti avec. Sans oublier le trousseau de clés de la dame et son sac à main avec son portefeuille et toutes ses cartes. Ça me révolte, l’idée de toujours devoir se méfier des gens. Se méfier de la gentillesse, se méfier des sourires, des flatteries et des compliments. Devoir se protéger… On dit qu’il est plus honteux de se méfier de ses amis que d’être trompés par eux… Mais on apprend aussi de nos erreurs.

L’idée du siècle

L’idée du siècle :
Cet hiver je vais me payer une place de stationnement intérieur juste à côté de la job. Comme je n’utilise pas la voiture pour aller travailler, ça va éviter de la laisser au gros froid sans la faire fonctionner, ce qui n’est pas très bon pour la mécanique. Elle sera facilement accessible quand j’en aurai besoin et bonus génial, pas besoin de pelleter de l’hiver!

La gaffe du siècle :
Par exemple, comme c’est pas donné, je vais me payer une place juste pour janvier février et mars… de toute façon, y’a JAMAIS de grosses tempête en décembre…

Quelque chose dans l’air (Albert Is on Fire)

C’est drôle, quand je m’attends à passer un week-end ordinaire, les événements se bousculent. Et quand je pense qu’il y aura peut-être de l’action, c’est le calme plat. Ne pas avoir d’attentes, c’est encore la meilleure voie à suivre. Expectations are so low right now, vous avez pas idée…

J’ai donc profité de la vacuité de mon samedi après-midi pour jouer à un jeu qui s’appelle « pelletez un iceberg et découvrez une voiture« . Vraiment passionnant. Surtout quand un de mes beaux voisins s’est pointé le nez. Il était accompagné de son pick of the month… Enfin, ça doit pas être la même, il me semble qu’elle était blonde le mois passé… Pendant qu’elle se démerdait toute seule pour sortir sa voiture de son espace de stationnement (avant qu’il puisse embarquer), il lui tournait le dos pour mieux m’envoyer des sourires, probablement plus dû à l’ampleur de ma tâche qu’à autre chose… Malgré tout, la demoiselle en question a dû klaxonner pour sortir le beau jeune homme de sa rêverie et par le fait même, m’enlever ainsi le dernier espoir d’une première conversation (enfin, pour le moment…). Et maintenant, si vous saviez à quel point le dos et l’épaule droite me fait souffrir. Je me demande s’il masse bien…

Et puis aujourd’hui, y’a définitivement quelque chose dans l’air. Un de mes chats (pourtant castré depuis tout bébé) n’arrive plus à contrôler ses pulsions, depuis ce matin, ça fait quatre fois que je le surprends à essayer de s’accoupler. Deux fois avec sa mère et deux fois avec mon autre chat mâle, qui, allez savoir pourquoi, semble beaucoup moins récalcitrant… Ah les hommes, faut définitivement pas chercher à comprendre…

D’instinct

Sa longue silhouette lui est apparue tout d’un coup.

Dans cette foule de fin de journée, ils marchent côte à côte, presque au même pas, lui légèrement devant, son visage complètement invisible, camouflé sous le lourd capuchon du manteau d’hiver. Elle a cette impression de revivre une nuit de printemps, alors qu’elle parcourrait la ville, avec ce garçon, si grand, à ses côtés. Elle a fermé les yeux quelques secondes alors qu’il passait devant. Elle se souvient de sa démarche qui est la même, de longues enjambées, lentes et attentives, avec cet infléchissement vers l’avant, si caractéristique aux grands corps minces.

Elle a accéléré le pas pour effacer les images de sa tête, passant devant, mais sentant toujours le rythme de ses pas derrière. Puis, la peur stupide du malaise qui sans doute surviendra au coin, alors qu’il faudra attendre que le feu passe du rouge au vert. Lorsque leurs yeux se croiseront et qu’il pourra sans doute y deviner encore la blessure d’une petite fille qui lui avait fait cadeau d’une vulnérabilité qu’elle ne se soupçonnait même pas et dont elle a un peu honte.

Elle est donc passée à l’est sans se retourner. Ils ont poursuivi la marche au même rythme, lui à l’ouest, elle à l’est, jusqu’au moment où il a pris d’un pas hésitant la direction du parc, ce parc qu’ils avaient traversé, ensemble, cette nuit là, sans oser se toucher. Il avait un carnet de note à la main, probablement pour y inscrire ses impressions sur la première neige et les couleurs du ciel.

Y’a de ces êtres qu’on reconnaît d’instinct, sans même jamais vraiment les voir.