I don’t want no one to squeeze me [they might take away my life]

MlleV : Il est vraiment sympa, on s’entend bien …
Amie : wow!
V : Non, mais t’emballes pas, il veut rien de sérieux là
A : Ben c’est super ça, c’est exactement ce que tu cherches aussi non???
V : Ben je sais pas, je sais plus, des fois je me dis que je serais prête pour plus…
A : [regard catastrophée] ding ding ding alarme, tu vas trop vite là!!!!
V : non, NON !!!! J’ai pas envie d’être sérieuse avec LUI !!!!!!
A : ?????
V : J’ai envie d’être sérieuse…  avec personne en particulier…

***

C’est un début! Non???

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And I think what we got on our hands is a dead shark

« Make no mistake your relationships are the heaviest components in your life. All those negotiations and arguments and secrets, the compromises. The slower we move the faster we die. Make no mistake, moving is living. Some animals were meant to carry each other to live symbiotically over a lifetime. Star crossed lovers, monogamous swans. We are not swans. We are sharks. »

Ryan Bingham (George Clooney), Up in the air

De l’impression de « déjà-vu » [notes de lecture]

«Certains êtres ont fait de la séduction un mode de vie.  Incapables de résister aux occasions, ils consacrent la primauté de l’état naissant; ce sont des collectionneurs de commencements. […]  Ils préfèrent les situations aux êtres, la chasse à la prise, la sensation à l’émotion. […]  La durée, l’échange ne les intéressent pas, ils trouvent leur joie dans le contact furtif, le tourbillon des rencontres.»

«Le net est un formidable accélérateur, toutes les lubies, même les plus risibles, y élisent domicile.  Beaucoup y préfèrent la chasse à la prise : ils sont saisis de vertige face au nombre des aventures possibles et vagabondent en sultans dans ce harem virtuel sans incarner ou rarement leurs appétits

«D’autres savourent la tentation pour y résister et se révèlent des goûteurs d’abîmes : ils marivaudent avec des inconnus pour se dérober ensuite. […]  Ils aiment éprouver leur pouvoir de séduction et leur force de caractère. […] Un tel exercice n’est pas d’un cœur stable mais d’un cœur fanfaron qui veut s’enivrer de sa force sans l’exercer.»

— Pascal Bruckner, Le paradoxe amoureux.

My moon, my man [The song’s out of key again ]

On ne devrait jamais planifier une première date, un soir de pleine lune, avec un gars qui a le même prénom que l’ex.

On ne devrait jamais se fier aux apparences.  Même quand on juge qu’on n’a pas d’lair d’être ce genre de fille là pantoute, ça se pourrait qu’un gars décide, tout à fait out of the blue, de nous surnommer affectueusement « tweety » et cela, après seulement 5 minutes de conversation.

On ne devrait jamais devenir trop rapidement l’amante d’un gars qui revient d’un voyage en Asie, la tête encore pleine de fantasmes sur les jolies petites taiwanaises.

On ne devrait jamais faire une blague à un gars qui a choisi RogerGingras comme user name sur un site de rencontre.  Même s’il est beau comme un cœur et s’il a moins de 30 ans, des fois, ça se pourrait que ça soit son vrai nom.

On devrait toujours montrer un flash mob à un gars avant de le dater, s’il est pas ému le moindrement, ça vaut pas la peine, son cœur est déjà mort.

On ne devrait jamais avoir à expliquer à un gars pourquoi il ne peut pas espérer nous ramener chez lui s’il refuse de nous dire son nom de famille.

On devrait toujours se méfier d’un gars qui a plus de 600 amis facebook, surtout s’il est maintenant ami avec 15 nouvelles filles dans les événements récents dont trois juste après nous, même s’il nous a ajouté il y a moins de deux minutes et qu’il continue à nous jaser msn intensivement pendant tout ce temps là. Great at multi-tasking isn’t always convenient.

On ne devrait jamais se gêner pour faire du ménage dans nos amis facebook.

On ne devrait jamais lâcher un soupir de soulagement quand RogerGingras finit par dire que ce n’est pas vrai nom.  Ça se pourrait qu’il ajoute dans la phrase suivante qu’il vient tout juste de reprendre avec sa copine, qu’il ne croit pas aux rencontres sur le net, mais qu’il aimerait bien continuer à jaser avec nous…

On devrait toujours vérifier si c’est pas écrit fucking back-up plan, click here for great savings! quelque part sur notre photo.  Avec une loupe.

On ne devrait jamais répondre à la porte un dimanche matin en tenue indécente.  Ça pourrait être un voisin qui veut emprunter du sucre.  Ça pourrait aussi être un témoin de Jéhovah.  Mais ça pourrait surtout être un amant qui a quitté un peu tôt (ou un peu tard, c’est selon) la veille et qui vient avouer candidement sa confusion d’apprendre que la jolie taiwanaise qu’il a rencontré deux jours avant la fin de son périple (et avec qui il ne s’est rien passé là-bas, mais qu’il gardait dans son msn même s’il pensait très honnêtement ne jamais la revoir de sa vie) a acheté un billet d’avion et débarque dans son minuscule 3 ½ avec juste un lit la semaine prochaine.

On ne devrait jamais s’étonner du fait que je ne suis pas une morning kind of gal

On ne devrait jamais considérer le online dating comme autre chose qu’un crash course sur la nature bêtise humaine.

Leçon élémentaire

Il en va de certaines amitiés comme de l’eau.  Je plonge et je trouve le chemin du cœur sans vraiment l’avoir cherché.  À bout de souffle, je remonte à la surface brillante et réfléchissante des choses.  Puis je replonge et je reviens encore avec une étonnante, surprenante facilité.  Jusqu’au jour où je réalise que j’ai quelque part, perdu le chemin.  Il n’y a pas de cartographie de l’eau.

Après l’eau, vient l’air et ceux qui comme une bouffée d’oxygène pur, étourdissent les sens.  J’ai vogué un peu sur les tapis volants, légers, au gré du vent.  Je jongle et infailliblement, tout finit par me glisser d’entre les doigts.  Chute des corps.  Dissolution de l’âme.

Avec l’air, se gonfle le feu.  Chaleur qui embrase le temps d’un instant, mais qui détruit tout sur son passage.  Je ne sais pas dompter le feu qui me domine et m’abandonne avec un goût de cendre amer dans la bouche.

J’apprends donc à aimer les chemins de terre franche qui se cultivent avec lenteur.  Ceux qui ne cèderont pas sous les pas, ceux qui appartiennent au tangible, ceux qui alternent les saisons et se renouvellent sans cesse, malgré la pluie, le vent et la sécheresse.  Ceux qui ne craindront pas le passage du temps.  Ceux qui supportent et nourissent mes regards affamés, émerveillés. 

If stones could dream…

Ça fait plus d’un an maintenant.  Dire que tu me manques, ça serait mentir.  Ça faisait même longtemps que je n’avais pas pensé à toi.  Tu n’es plus au centre de moi.  Tu n’es plus.  Mais depuis toi, il n’y a plus rien.  Ou si peu.  Depuis trop longtemps, je change trois fois de robes pour rencontrer des hommes que je n’ai pas vraiment envie de séduire.  Depuis toi, trop de fois, j’ai fait l’amour au mépris.

Je t’ai donné mon feu, parti en fumée.  J’avais gardé deux pierres que je frottais l’une contre l’autre, créant l’étincelle fragile dont je ne savais plus rien tirer.  Ces pierres, trop lourdes à porter, je les ai lancées au fond de toi comme dans un lac aux eaux froides que la légende dit sans fond.  Advienne que pourra.

Dire que tu me manques, ça serait mentir.  Mais les papillons et les bonds du cœur me manquent.  Finalement, peut-être qu’aimer donne plus de bonheur que d’être aimé.

Du conditionnel

Qu’est-ce qui serait arrivé si… C’est exactement le genre de phrase qui m’obsède.  C’est futile.  Mais qu’est-ce qui ne l’est pas.  Alors je me complais parfois dans ce genre de réflexion.  Rêvasserie, plutôt.  Toutes histoires confondues, qu’est-ce qui serait arrivé si…

S’il n’y avait pas eu de malentendu sur l’endroit du rendez-vous.  Si j’avais été droit vers lui, plutôt que de le laisser lentement venir à moi.  Si j’avais été moins intimidée.  S’il avait été timide pour vrai.  Si j’avais osé dire ce que j’avais vraiment en tête plutôt que ces lieux communs.  S’il avait su comprendre qui j’étais.   Si je n’avais pas cru qu’il était tout ce que je voulais.  Si je n’avais pas menti.  S’il avait été franc.  Si je l’avais fait rire.  S’il avait eu envie d’être sérieux.  S’il avait été moins nerveux.  Si j’avais osé prendre sa main.  S’il avait pas attendu huit mois.  Si j’avais été moins intense.  Si j’avais fermé les yeux.  S’il avait été moins inconséquent.  Si j’avais été plus à l’aise.  Si j’avais pas eu mes putains de règles.  Si j’avais accepté d’aller chez lui.  Si je l’avais pris au sérieux.  Si j’avais eu moins d’orgueil.  S’il avait eu plus d’humour.  Si j’avais joué hard to get.  Si j’avais été facile.  Si j’avais oublié son âge (ou le mien).  Si j’avais été plus jolie.  Si je ne l’avais pas trouvé si beau.  Si j’avais été plus sûre de moi.  S’il avait été moins sûr de lui.  Si je n’avais pas eu si peur.  S’il n’avait pas eu le cœur brisé.  Si j’avais cru que ça pouvait être possible.  S’il avait été patient.  Si on avait pris le temps.  Si j’avais pas été mariée.  S’il avait pas eu de blonde.  S’il avait osé m’embrasser.  S’il en avait eu envie.  Si j’avais dit oui.  Si j’avais dit non.  Si j’avais appelé.  S’il avait appelé.  Si j’avais bu.  S’il avait pas bu.  Si j’avais pu dormir.  S’il avait pu bander…

Et si j’arrêtais de vouloir comprendre?  Parce que tout ça, ce n’est que de la foutaise.  Parce que je sais bien que malgré tout, tout serait exactement pareil.  Oui, rien ne serait changé.  Même si…  oui, même si je l’avais sucé sous la douche.