Poetry is no place for a heart that’s a whore

Je n’ai pas de rêve à t’offrir
Je n’ai pas d’histoires à te raconter
Je ne franchirai aucune distance pour toi
Je t’oublierai à chaque fois que tu ne seras plus devant mes yeux
Je serai sans lendemains

Mais

Tu sauras quand même prendre tout ce que je n’ai pas à donner

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Just because you feel it doesn’t mean it’s there

L’invite sexuelle directe […] l’obscénité trop brutale pour être vraie, trop impolie pour être malhonnête, — l’obscénité comme défi, et donc de nouveau comme séduction.  C’est qu’au fond la pure demande sexuelle, l’énoncé pur du sexe sont impossibles.  On ne se libère pas de la séduction. […] Leurre de croire en la réalité du sexe et en la possibilité de le dire sans autre forme de procès, leurre de tout discours qui croit à la transparence.

« I’ll be your mirror ».  « Je serai votre miroir » ne signifie pas « Je serai votre reflet » mais « Je serai votre leurre ».  Séduire, c’est mourir comme réalité et se produire comme leurre.

Est-ce de séduire, ou d’être séduit, qui est séduisant?  Mais être séduit est bien encore la meilleure façon de séduire.

Le secret de la séduction est dans cette évocation et révocation de l’autre, par des gestes dont la lenteur, dont le suspense est poétique comme l’est le film d’une chute ou d’une explosion au ralenti, parce que quelque chose alors, avant de s’accomplir, a le temps de vous manquer, ce qui constitue, s’il en est une, la perfection du « désir ».

Jean Baudrillard, De la séduction. Extraits.

Du conditionnel

Qu’est-ce qui serait arrivé si… C’est exactement le genre de phrase qui m’obsède.  C’est futile.  Mais qu’est-ce qui ne l’est pas.  Alors je me complais parfois dans ce genre de réflexion.  Rêvasserie, plutôt.  Toutes histoires confondues, qu’est-ce qui serait arrivé si…

S’il n’y avait pas eu de malentendu sur l’endroit du rendez-vous.  Si j’avais été droit vers lui, plutôt que de le laisser lentement venir à moi.  Si j’avais été moins intimidée.  S’il avait été timide pour vrai.  Si j’avais osé dire ce que j’avais vraiment en tête plutôt que ces lieux communs.  S’il avait su comprendre qui j’étais.   Si je n’avais pas cru qu’il était tout ce que je voulais.  Si je n’avais pas menti.  S’il avait été franc.  Si je l’avais fait rire.  S’il avait eu envie d’être sérieux.  S’il avait été moins nerveux.  Si j’avais osé prendre sa main.  S’il avait pas attendu huit mois.  Si j’avais été moins intense.  Si j’avais fermé les yeux.  S’il avait été moins inconséquent.  Si j’avais été plus à l’aise.  Si j’avais pas eu mes putains de règles.  Si j’avais accepté d’aller chez lui.  Si je l’avais pris au sérieux.  Si j’avais eu moins d’orgueil.  S’il avait eu plus d’humour.  Si j’avais joué hard to get.  Si j’avais été facile.  Si j’avais oublié son âge (ou le mien).  Si j’avais été plus jolie.  Si je ne l’avais pas trouvé si beau.  Si j’avais été plus sûre de moi.  S’il avait été moins sûr de lui.  Si je n’avais pas eu si peur.  S’il n’avait pas eu le cœur brisé.  Si j’avais cru que ça pouvait être possible.  S’il avait été patient.  Si on avait pris le temps.  Si j’avais pas été mariée.  S’il avait pas eu de blonde.  S’il avait osé m’embrasser.  S’il en avait eu envie.  Si j’avais dit oui.  Si j’avais dit non.  Si j’avais appelé.  S’il avait appelé.  Si j’avais bu.  S’il avait pas bu.  Si j’avais pu dormir.  S’il avait pu bander…

Et si j’arrêtais de vouloir comprendre?  Parce que tout ça, ce n’est que de la foutaise.  Parce que je sais bien que malgré tout, tout serait exactement pareil.  Oui, rien ne serait changé.  Même si…  oui, même si je l’avais sucé sous la douche.

Je suis pas saoule, mais j’ai pas les mêmes réflexes

Après quelques verres (jolis, sucrés, non-non y’a presque pas d’alcool là dedans je sens rien du tout, t’es sûre qu’il a mis du rhum?) et plus de deux heures intenses de conversations de sexe filles, quand, arrivées sur le quai du métro,  ma meilleure copine me dit d’un ton triste que c’est plate, parce qu’on se verra pas la semaine prochaine (elle sera out of town, pour le boulot) et que d’ici là, je vais sûrement avoir eu le temps d’apprendre 4-5 positions de plus…  Il se passe de longues secondes avant que je réalise qu’elle veut parler du cours de yoga qu’elle va manquer…

Mais bon, j’étais pas la seule, je peux jurer que le gars plutôt mignon qui attendait à côté de nous a eu un doute lui aussi.

Un parfum de légèreté

Je me souviens de tes yeux, de ta bouche, du son de ta voix si séduisante.  Je me souviens encore des détails cette nuit sans sommeil.  Bientôt, sans doute, j’oublierai tout ça.  Sans bonheur, sans regret, dans la plus simple indifférence des jours qui se suivent, et qui m’auront porté ailleurs.  Ailleurs, j’y suis déjà.

Mais quand toutes ces images de toi auront complètement disparues et que j’aurai oublié jusqu’à ton nom, je me souviendrai encore du jour d’après la nuit.  Je me souviendrai que l’eau, la mousse de lavande et la brise de Givenchy n’ont rien servi.  Un simple frôlement ou un mouvement subtil suffisait à te ramener à moi, libérant de la surface de ma peau, l’odeur imprégnée et si délicieuse de la tienne.  Te respirer suffisait à recréer ce sentiment d’apaisement du cœur et donnait un sourire léger aux lèvres.

Le Coeur léger

Nous nous séparâmes fort gaiement, et sans qu’aucune de ces réflexions tristes, ordinaires dans toutes les séparations de l’espèce de la nôtre, vînt troubler notre belle humeur.  Nous n’avions été amants que parce que nous n’avions fait aucun cas de l’amour ; mais nous avions l’un pour l’autre l’amitié la plus sincère.

Casanova, Histoire de ma vie, volume 10 chapitre VII